Cette famille est connue à Auxerre (Yonne) depuis la première partie du XVIe siècle. Ses représentants y exercent des charges de judicature et les fonctions d’avocat au bailliage puis au tribunal jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Elle se rattache à la famille Choppin d’Arnouville, anoblie par Henri III, originaire d’Anjou, établie à Paris depuis le milieu du XVIe siècle, où ses membres remplissent des offices et charges de conseiller et substitut au Parlement, président au Grand Conseil, premier président de la cour des monnaies, conseiller et lieutenant criminel au Châtelet, chevalier du guet et maître des requêtes. Après la Révolution, ils servent l’État comme conseiller à la Cour de cassation, conseiller d’État, préfets et officiers, ou sont avocats à la cour. Cette branche aînée de la famille Choppin, titrée baron Choppin d’Arnouville en 1826, est aujourd’hui éteinte. Elle a compté au XIXe siècle deux commandeurs, trois officiers et un chevalier de la Légion d’honneur.

Le premier représentant du deuxième rameau — seul subsistant aujourd’hui — de la branche cadette à s’établir à Paris est Joseph-Germain Choppin de Villy (1754 – 1826), seigneur de La Motte-Saint-Jean, avocat au parlement puis à la cour. De lui sont issues cinq générations de membres de la Légion d’honneur.

Première génération

Son fils aîné, Joseph-Pierre Nicolas Choppin, avocat à la cour, membre du conseil de l’Ordre du barreau de Paris, est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1836. De son mariage avec Pauline Boursy, fille de Jean-Charles Boursy, directeur des contributions directes au ministère des Finances, commandeur de la Légion d’honneur,et de Renée Caminade de Castres, fille du grammairien de Louis XVI, naissent trois enfants.

Deuxième génération

Sa fille, Alice Choppin (1835 – 1908), épouse Étienne Cresson, avocat à Paris, membre du conseil de l’Ordre en 1866, préfet de police pendant le siège de Paris, plénipotentiaire avec Jules Favre auprès de Bismarck, bâtonnier de Paris en 1889, officier de la Légion d’honneur.

Son fils aîné, Albert Choppin (1832 – 1893), avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, est chef de cabinet de son beau-frère à la préfecture de police, le remplace après sa démission, est nommé préfet de l’Oise en 1872, puis directeur au ministère de l’Intérieur en 1875. Il est officier de la Légion d’honneur.Sa descendance est éteinte dans la ligne masculine.

Son deuxième fils, Abel Choppin (1839 – 1909), avocat, puis fonctionnaire au ministère des Finances, chevalier de la Légion d’honneur en 1873, épouse Marie-Élise Haudry de Janvry, fille d’André-Napoléon Haudry de Janvry (1810 – 1887), conseiller d’État, secrétaire général du ministère des Finances, grand officier de la Légion d’honneur.Ce dernier était le filleul du prince Napoléon-Louis Bonaparte, grand-duc de Berg et de Clèves, et de la reine Hortense, à la maison de qui sa mère appartenait lors de son mariage en 1810 avec André-Pierre Haudry de Janvry (1768-1843), chevalier de Saint-Louis, capitaine de frégate après avoir servi aux Indes comme jeune officier sous Suffren, émigré à Londres nommé receveur général des Ardennes à l’occasion de son mariage. Ce dernier était le dernier fils d’André-Pierre Haudry de Soucy, seigneur de Janvry, fermier général de Sa Majesté de 1768 à 1781, puis inspecteur des salines royales avant la Révolution, éphémère commissaire de la manufacture de porcelaine de Sèvres en 1793, lui-même fils d’André Haudry (1688 – 1769), secrétaire du roi (1740), fermier général de Sa Majesté (1740 – 1768).

Troisième génération

Les enfants d’Abel Choppin et de Marie-Élise Haudry de Janvry adjoignent le nom de leur mère à leur patronyme par jugement du tribunal civil de la Seine (26 janvier 1928), rendu en application de la loi Viviani (1923) comme suite de la mort au champ d’honneur, durant la Première Guerre mondiale, de leurs deux cousins germains, Pierre et Paul Haudry de Janvry, derniers mâles de leur nom.

Le fils aîné d’Abel, Olivier Choppin Haudry de Janvry (1867 – 1944), conseiller maître à la Cour des comptes, est officier de la Légion d’honneur.

Le deuxième fils d’Abel, Joseph Choppin Haudry de Janvry (1872 – 1951), banquier, est nommé chevalier de la Légion d’honneurle 25 février 1927. De son mariage avec Marie Moreau de Bellaing, fille du colonel Moreau de Bellaing, officier de la Légion d’honneur, sont issus trois filles et cinq fils.

Quatrième génération

Parmi ceux-ci, trois ont été décorés de la Légion d’honneur :

  • Jean (1910 – 1983), qui suivra ;
  • Yves, né en 1916, général de brigade, officier de la Légion d’honneur ;
  • Henry (1918 – 1949), lieutenant au 22e régiment d’infanterie coloniale, mort pour la France à Bien-Hoa (Cochinchine).

Leurs cousins germains, Bernard et Jacques, issus du troisième fils d’Abel, sont également chevaliers de la Légion d’honneur.

Jean Choppin Haudry de Janvry (1910 – 1983), fils aîné de Joseph, est directeur dans un groupe pétrolier international. Engagé volontaire au début de 1940, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 21 février 1963.

Il a épousé Colette Ferry, petite-fille du colonel Charles Ferry (1839 – 1896), officier de la Légion d’honneur, commandant le 7e de ligne lors de son décès, et fille de Georges Ferry, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918, et de Suzanne Doyen. Cette dernière est issue d’une famille anoblie le 4 octobre 1628 par le duc Charles IV de Lorraine, titrée baron Doyen en 1841 ; elle est la fille du baron Doyen (1860 – 1914), chevalier de la Légion d’honneur(30 janvier 1896), colonel commandant la 4e brigade d’infanterie, mort pour la France pendant la première bataille de la Marne ; petite-fille du baron Henri-François Doyen (1826 – 1877), conseiller référendaire à la Cour des comptes, chevalier de la Légion d’honneur ; arrière petite-fille du baron Doyen (1797 – 1866), sous-gouverneur de la Banque de France, officier de la Légion d’honneur, lui-même fils du baron Doyen (1753 – 1843), receveur général des finances, chevalier de la Légion d’honneur.Par eux, elle descend du général vicomte Puthod (1769 – 1837), grand officier de la Légion d’honneur,et du général Curely (1774 – 1827), chevalier de la Légion d’honneuret de Saint-Louis, dont les noms sont inscrits sur l’Arc de triomphe, ainsi que du général Édouard Cailliot (1833 – 1901), grand officier de la Légion d’honneur, membre du Conseil supérieur de la guerre.

Cinquième génération

Deuxième fils de Jean, Philippe Choppin Haudry de Janvry (AHH n° 635), ancien président d’Ugine S.A., représente depuis le 6 novembre 1990, date de sa réception comme chevalier de la Légion d’honneur,la cinquième génération de sa famille, en ligne directe masculine, à appartenir au Premier Ordre. Il est par ailleurs commandeur de l’ordre national du Mérite, dont son frère Olivier, architecte, est chevalier.

Il est marié à Marie-Laure Quentin-Bauchart, fille de Roger Quentin-Bauchart (1908 – 1983), banquier, chevalier de la Légion d’honneur,croix de guerre 1939-1945, et de Germaine Picard (1909 – 1986), arrière petite-fille de Laurent-Alexis Picard, président de la chambre des avoués de Paris sous le Second Empire, chevalier de la Légion d’honneur.Roger Quentin-Bauchart était le fils de Pierre Quentin Bauchart (1881 – 1916), conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine, chevalier de la Légion d’honneur,croix de guerre 1914-1918, mort pour la France à Bouchavesnes (Somme) comme capitaine au 72e régiment d’infanterie, lui-même fils de Maurice Quentin Bauchart (1857 – 1910), également conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine, et de Marguerite Cambronne, petite-nièce du général vicomte Cambronne, grand officier de la Légion d’honneur,et petit-fils d’Ernest Quentin Bauchart (1830 – 1909), maître des requêtes au Conseil d’État, chevalier de la Légion d’honneur.Ce dernier était le fils d’Alexandre Quentin Bauchart (1809 – 1887), avocat, député de l’Aisne (1848 – 1851), président de la section du contentieux au Conseil d’État, président du conseil général de l’Aisne, enfin sénateur de l’Aisne jusqu’à la chute du Second Empire. Il était commandeur de la Légion d’honneur.Roger Quentin-Bauchart, par sa mère, née Antoinette Dufour, descend de Charles-Auguste Crépon (1825 – 1893), agent de change, chevalier de la Légion d’honneur(21 juillet 1871), et du colonel Alexandre-Pierre Gambier (1791 – 1854), commandeur de la Légion d’honneur.

Les cinq fils issus du mariage de Philippe Choppin de Janvry et de Marie-Laure Quentin-Bauchart sont ainsi les descendants directs, en ligne masculine et féminine, de trois grands officiers, trois commandeurs, cinq officiers et treize chevaliers de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

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