Cette famille serait d’origine marseillaise. Quatre légionnaires consécutifs aux destins très divers l’illustrèrent depuis le xixe siècle à Paris, puis à Nyons, en Drôme provençale.

On doit notamment à Louis Matout (1811 – 1888), artiste peintre, L’Assemblée des dieux, plafond de la salle Auguste du musée du Louvre, la décoration du grand amphithéâtre de l’École de médecine de Paris, dont Ambroise Paré faisant la première ligature, fresques disparues lors de l’incendie de 1889, et de la chapelle Sainte-Anne de l’église Saint-Gervais, ainsi que Saint-Louis relevant les morts, fresque de la chapelle Saint-Louis de l’église Saint-Sulpice. Charles Baudelaire écrivait de lui : « il nous semble que M. Matout connaît trop bien son affaire, et qu’il a trop ça dans la main… D’une œuvre laborieusement faite, il reste toujours quelque chose». Peintre religieux, inspirateur du douanier Rousseau, il fut le premier Matout chevalier de la Légion d’honneur ; son diplôme a été signé par Louis-Napoléon Bonaparte le 15 mai 1858.

Son fils, Louis Matout (1869 – 1944), physicien, assistant du professeur Henri Becquerel au Muséum national d’histoire naturelle, a partagé avec lui la découverte de la radioactivité le 1er mars 1896 et le montant de sa moitié du prix Nobel de physique de 1903. Il consacra à la radioactivité ses premières publications, Le Radium et Les Rayons X, suivies d’une douzaine d’autres, non plus comme scientifique, mais comme auteur halieutique et inventeur éponyme d’une ligne de pêche. Officier d’académie (1904), officier de l’Instruction publique (1910), il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 25 mars 1937.

Son fils, Louis-Pierre Matout (1904 – 1982), saint-cyrien, interrompit sa carrière au grade de capitaine pour avoir contracté la tuberculose lors de la construction de la ligne Maginot. Chargé en 1940 par le sous-préfet de Nyons d’organiser l’accueil et le ravitaillement de deux trains de réfugiés lorrains, il entra en 1943 dans la Résistance en formant puis en commandant une compagnie. Il en revint avec deux citations à l’ordre de l’armée et la croix de guerre avec palmes, puis fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 février 1960. Il consacra la plus grande partie de sa vie à des actions sociales et humanitaires. Longtemps président du comité local de la Croix-Rouge française, il présida aussi l’Association des mutilés et anciens combattants et la Société des membres de la Légion d’honneur.

Enfin, son fils, notre confrère Jacques Matout (AHH 821), né en 1928, directeur commercial en parfumerie, est devenu le quatrième légionnaire consécutif de la famille le 10 avril 2015. Engagé volontaire, à 16 ans, dans la Résistance, son courage en deux circonstances lui valut une citation à l’ordre de la brigade et la croix de guerre avec étoile de bronze. Il fut un artisan de l’une de ces petites victoires qui ont assuré la grande, la libération de la France.

Son fils, Jean-Louis Matout (AHH 812), né en 1955, est père de deux fils : Louis-Adrian (AHH 822), né en 1987, lui-même père d’un fils, Nathanaël, né en 2015 ; et Amaury (AHH 823), né en 1991.

 

Armes : d’or à un livre de gueules sur lequel brochent en barre une épée haute d’argent garnie de sable et en bande un pinceau du même emmanché d’or, à une mer aussi de gueules chargée d’une croix de la Légion d’honneur d’argent (armes parlantes : le nom patronymique est issu du nom de saint Matthieu, dont le livre et l’épée sont des attributs ; le pinceau, le livre et l’épée haute symbolisent les services respectivement rendus à la nation par les légionnaires consécutifs ; la mer évoque la navigation supposée de la famille en provenance de Palestine vers l’an 800). Devise : « La famille m’a tout appris ».

 

Bulletin de l’AHH, n° 58, 2017.

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