Les éditions du Cercle d’or ont publié récemment le livre de souvenirs de notre collègue Bernard Marin, sous le titre De Gaulle de ma jeunesse, et préfacé par Pierre Lefranc. Cet ouvrage, rempli d’anecdotes plaisantes ou émouvantes, présente aussi l’intérêt de donner les éléments d’une notice familiale. Voici ce que nous apprend ce joli livre.

Charles Marin, fils d’un cultivateur lorrain, entra premier à l’École impériale polytechnique et en sortit également avec le numéro un. À l’époque (1854), il n’y avait qu’un précédent : celui d’Arago. Appartenant à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, dont il allait devenir le directeur, il se distingua lors des négociations de février 1871 qu’il mena à Versailles, directement avec Bismarck, au sujet du ravitaillement de Paris.

Décoré par le pape Léon XIII et par trois empereurs, celui des Français et ceux d’Autriche et du Brésil, Charles Marin était et reste à ce jour le grand homme de la famille. Son fils cadet, Daniel, avocat à la cour d’appel de Paris, fut nommé maire-adjoint du XVIe arrondissement.

Mais la véritable consécration de la réussite sociale de Charles Marin fut posthume : le mariage, en octobre 1932, d’une de ses petites-filles, Bernadette, avec Jean Lebrun, fils du président de la République. Édouard Herriot, président du Conseil des ministres, avait accepté d’être le témoin du marié.

Son petit-fils, le chef d’escadrons Robert Marin épousa en 1930 Mlle Linard. Elle était la fille du général Linard, ancien élève de Polytechnique, qui commanda notamment la 17e région militaire et qui a laissé dans l’armée le souvenir d’un brillant causeur. Jean de Pierrefeu fait allusion au général Linard dans G.Q.G., secteur I.

« Mon souvenir le plus ancien, écrit Bernard Marin, date de 1935. Mon père, alors capitaine au 8e dragons à Lunéville, fut nommé instructeur d’élèves officiers d’active à Saumur. Nous nous installâmes dans une bâtisse blanche à deux étages, avec un grand hall d’entrée et un jardin, située 37, rue de Poitiers. Nous y succédions, après quelques mois d’inoccupation, au lieutenant et à Mme de Hauteclocque, déjà à la tête d’une famille nombreuse. Le futur maréchal Leclerc était sorti quatrième de la promotion 1933-1934 du cours des lieutenants d’instruction, puis avait été affecté à Saint-Cyr comme instructeur à la section de cavalerie. Mon père était lui-même sorti de ce cours en 1930 avec le numéro trois et avait été nommé à Lunéville avant de revenir à Saumur, cette fois avec femme et enfants. »

Bernard Marin, né en 1931, a épousé Mlle Beaudeux. Il est père de cinq enfants.

Bulletin de l’AHH, n° 27, 1985.

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