Notre excellent et dévoué confrère, le docteur Jean Schlumberger, A.H.H., nous a adressé une très intéressante communication sur le congrès familial que les Schlumberger ont tenu, du 23 au 26 juin 1988, à Ulm. Nous reproduisons intégralement cette communication en remerciant vivement son auteur.

Ce congrès a lieu tous les cinquante ans. Il a réuni, dans le Bade-Wurtemberg, 460 personnes du nom dans la cathédrale d’Ulm, la plus grande cathédrale gothique du monde. Un curé (en latin et en français) et deux pasteurs (en allemand et en anglais), tous de notre famille, ont célébré une action de grâces le premier matin. Ensuite, sous des flots de vin blanc, d’Alsace, d’Autriche, de Souabe, mais toujours du nom, nous avons écouté bien des discours, dont certains de généalogie.

     En 1415 : Hanns Schlumpperger est bailli de l’ordre Teutonique (Deutschen Ordens ; Ordo Sancta-Maria Teutonica) à Setzingen, près d’Ulm et d’Elchigen. Depuis cette date, la filiation agnatique a pu être suivie par des documents de la bibliothèque municipale de Stuttgart.

À la même date se tient le concile de Constance (1414-1418), pour élire un pape et lutter contre deux hérésies (celle de John Wyclif et celle de lan Hus de Husinec, ou, en allemand, Hans Huss de Prague en Bohême). L'empereur Sigismond de Luxembourg y a un rôle d’arbitre important. Un de ses officiers, le baron lan Chlum, ou Schlum (en Bohême la lettre préfixe S avec un accent grave a la signification du von allemand, du de français), lui demande (en allemand et en tutoyant l’empereur) la grâce et l’élargissement de Jean Huss (et ne l’obtient pas).

Ainsi, à cette époque, il existe deux groupes portant le même patronyme, localisés à 250 km l’un de l’autre. Le groupe de Bohême porte le nom de nombreux lieudits du Nord-Est de la Bohême. Les deux groupes ont une notoriété civique évidente… et archivée.

     En 1540, certaines familles migrent vers l’Ouest et arrivent à Mulhouse (de nouveau 250 km à l’Ouest).

Les armes sont alors d’azur, à trois étoiles d’or de six rais, posées 1 et 2 ; accompagnées en chef d’une croisette de même, pattée et, en pointe d’un mont de trois coupeaux aussi d’or. Comme cimier, un lion à double queue d’or, armé et lampassé de gueules issant d’un tortil d’azur et d’or. Lambrequins : d’azur et d’or. Nous notons que dans ces armoiries parlantes, la croix est celle de l’ordre Teutonique, les trois étoiles représentant les trois vertus théo­logales, le lion (à double queue) est celui de Bohême. Ces armoiries sont visibles aujourd’hui dans la grande salle de l'hôtel de ville de Mulhouse.

     En 1798, les Mulhousiens deviennent français (cent ans après les Strasbourgeois).

    En 1914-1918, il y a trois fois plus de morts au champ d’honneur, de notre nom, du côté allemand que du côté français. Les statistiques de 1940-1945 de ces guerres intereuropéennes ne sont pas publiées.

      En 1988, l’orthographe du nom n’est pas fixée.

À Prague vit une famille Schlumperger dont deux membres ont pu assister au congrès (mais pas leurs familles, retenues par mesure de « sécurité »). Donc tout le monde s’appelle « Schlum ».
La migration vers l’Ouest continue : depuis 1970, de nombreux migrants se sont établis en Amérique (États-Unis centraux) ; il y avait même des congressistes venus du Japon et de Thaïlande.
Dès lors, la distinction entre les branches divergentes aux XVe et XVIIe siècles n’a plus beaucoup de signification, lorsqu’on se rencontre une fois par vie… tous les cinquante ans.

Bulletin de l’AHH, n° 31, 1989.

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