Cette famille est une branche de l’ancienne maison vénitienne des comtes de Miolo (B.N. cabinet des manuscrits ; Mis It n° 1409 p 20). Plusieurs de ses membres siégèrent au Conseil des douze (1103 – 1131). Au XVIe siècle, les Miolo sont à Pignerol en Piémont. La filiation sur actes authentiques est prouvée depuis 1490 (archives de Pignerol, Famiglie Pinerolosi de Pietro Caffaro). Au XVIIe siècle, « noble et illustre » Paolo quitte la province de Turin pour établir sa descendance en Suisse, d’abord à Genève, puis à Vevey. Elle donne des bannerets, des justiciers, des commandeurs. Jean, commandeur de Vevey, épouse en 1702, demoiselle Françoise de Flavard, fille de Anthoyne et de Judith de Campredon, originaire d’Anduze (réfugiés huguenots au pays de Vaud). Cette ancienne famille du Languedoc s’éteignit dans les Miol-Flavard.

Les Miol-Flavard servirent dans l’armée et contractèrent des alliances avec les familles nobles du Dauphiné et du Languedoc : familles Dejean, de Saint Marcel, Pelisson de Préville, de Guibert, de Roubin. De nombreux membres de ces familles ont appartenu à l’ordre de la Légion d’honneur.

Depuis l’institution de l’ordre de la Légion d’honneur, les membres de la branche ci-dessous méritent, sans interruption, de père en fils, la croix de la Légion d’honneur.

  1. Jean, Louis, Honoré, Armand de Miol-Flavard, né à Anduze (Gard) le 17 décembre 1792 et décédé à Vienne (Isère) le 1er mai 1870, est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1809. Sous-lieutenant en 1812, puis lieutenant en 1813, au 57e régiment d’infanterie de ligne, il est promu capitaine au 16e régiment de ligne en 1819. Campagnes : Russie, Saxe, 1813, armée du Rhin, 1815, Espagne, 1823-1824. Chevalier de la Légion d’honneur le 19 septembre 1813, après la bataille de Bautzen (mai 1813), il est décoré par l’Empereur sur le champ de bataille. Il n’avait que 21 ans. Autres décorations : croix de chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand d’Espagne, médaille de Sainte-Hélène.
  2. Bruno, Louis de Miol-Favard, fils du précédent, né à Vienne (Isère) le 15 janvier 1842 et décédé à Valence (Drôme) le 5 mai 1931, est admis à l’École polytechnique et sert dans l’artillerie. Il termine sa carrière à Nice avec le grade de colonel. En sa qualité de commandant d’armes, il est dans ses fonctions d’accueillir et de recevoir la reine Victoria, dont il escorte le carrosse de la gare jusqu’à sa résidence à Cimiez. Chevalier de la Légion d’honneur le 6 décembre 1876, il est promu officier le 12 juillet 1897.
  3. Eugène, Maurice de Miol-Flavard, fils du précédent, est né à Nice (Alpes-Maritime) le 3 août 1889 et décédé à Beaucaire (Gard) le 20 janvier 1980. Il participe aux deux guerres mondiales : guerre de 1914-1918, capitaine d’administration, Dardanelles, Salonique 1915, armée d’Orient, médaille de la bravoure, médaille d’Orient ; guerre de 1939-1940. Il est chevalier de la Légion d’honneur le 5 janvier 1954.
  4. Jean, Louis, Marie, Régis de Miol-Flavard (AHH 687), fils du précédent, est né à Lyon (IIe) le 13 août l923. Il effectue les campagnes de France et d’Allemagne dans les rangs de la 5e D.B. Lieutenant-colonel honoraire de l’arme blindée et cavalerie, il est chevalier de la Légion d’honneur le 17 avril 2003. Président du comité des Bouches-du-Rhône de la Fondation Maréchal-de-Lattre, il est aussi chevalier de l’ordre de Malte (1957), chevalier de l’ordre national du Mérite (1983) et titulaire de la médaille de la Résistance (1944).

Armes

D’azur à la fasce d’or accompagnée en chef de trois étoiles rangées de même et en pointe de trois épis rangés aussi d’or et posés en barre. Couronne de comte.Devise : Honor ac fides ubique semper.

Bulletin de l’AHH, n° 47, novembre 2004.

La famille Lorenchet de Montjamont est originaire de Beaune en Bourgogne, où elle est citée dès 1430 avec Durand Lorenchet, notaire royal. En 1441, il vend un jardin au chancelier Rolin pour la construction de l’hôtel-Dieu. Depuis le XVIe siècle, la filiation de la branche aînée est la suivante :

  • Claude I (1581 – 1645), bourgeois, fabricien de l’église Saint-Pierre, échevin de Beaune.
  • Claude II (1609 – 1667), bourgeois, échevin de Beaune en 1640.
  • Claude III (1642 – 1697), avocat, conseiller au bailliage et chancellerie de Beaune.
  • Son fils Étienne (1672 – 1735), conseiller au bailliage et chancellerie de Beaune, puis conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France en la chancellerie près le parlement de Besançon. Il est anobli par lettres patentes en 1724.
  • Son fils Jacques (1706 – 1767), écuyer. Lieutenant au régiment de Champagne. Il est blessé à la bataille de Parme en Italie en 1734, en même temps que son colonel, le duc de La Trémoille, et une trentaine d’officiers. Il prend le nom du domaine de Montjamont dont il est le propriétaire près de Beaune. En 1763, il est nommé recteur de l’hôtel-Dieu de Beaune par le maréchal de Clermont-Tonnerre, poste qu’il occupera avec le plus grand dévouement jusqu’à sa mort.
  • Jacques-Gabriel (17511806). Garde du corps du roi à la compagnie de Noailles.
  1. Philippe-Joseph (17851860). Avocat à Dijon, procureur du roi en 1823 puis président du tribunal de première instance de Dijon. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur par décret du 6 mai 1838, le premier d’une succession de six légionnaires de père en fils dont les cinq suivants sont :
  2. Henry-Jacques (18101887), avocat, puis président du tribunal civil de Dijon, nommé chevalier par décret du 11 août 1866.
  3. Victor-Gabriel (1849-1908). Directeur à la Banque de France, nommé chevalier par décret du ministre de la Guerre le 7 février 1871 pour sa brillante conduite durant la guerre de 1870 (combats de Champigny), à laquelle il participe comme capitaine de réserve dans les gardes mobiles de la Côte-d’Or.
  4. Roger (18771914). Saint-cyrien de la promotion Bourbaki (1897 – 1899), capitaine au 23e régiment d’infanterie, tué à la tête de sa compagnie lors d’une charge à la baïonnette le 9 août 1914 au pont de Modenheim près de Mulhouse. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume par arrêté ministériel du 19 juin 1919.
  5. Pierre (19071998), général de corps d’armée. Pendant la guerre de 1939-1945, il participe à la Résistance au sein de la 27e division alpine dans le maquis du Vercors et prend part aux combats de la Libération. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur par décret du 14 décembre 1951, puis officier par décret du 30 décembre 1959.
  6. Bernard (1935), saint-cyrien de la promotion Franchet-d’Esperey (1955 – 1957), colonel d’infanterie, nommé chevalier par décret du 11 juillet 1977, puis officier par décret du 26 juin 1989 (AHH 659).

Les armes de cette famille sont « d’azur à la fasce d’or accompagnée en chef de trois molettes d’éperon d’argent, et en pointe d’un chat léopardé de même. » Devise : Ubi oculus, ibi amor.

Bulletin de l’AHH, n° 47, novembre 2004.

Destremau, originaire d’Armagnac, est la forme francisée de d’Estrémal, de L’Estrémalz, qui se traduit par « Horizon », l’orthographe du nom ne s’étant stabilisée qu’à la fin du XVIIe siècle.

L’honorable homme Jean Destremau, consul du Houga, place forte du Bas-Armagnac en 1502, Bernard de L’Estrémau, notaire royal au Houga, cité entre 1547 et 1573, Jean de l’Estrémal, père et fils, lieutenants civils du Houga, cités entre 1571 et 1630, sont les premiers jalons connus au Houga, mais c’est à partir de Jean I Destremau (1653 – 1741), toujours au Houga, qu’une généalogie suivie a pu être établie en remontant jusqu’à l’époque contemporaine. Pour les générations antérieures, limitées pourtant à une poignée d’hommes dans un espace restreint, cette étude n’a pas permis d’établir de filiations qui puissent être présentées comme certaines.

Constituée depuis cinq siècles d’hommes de loi, d’officiers, de hauts fonctionnaires, de médecins, de cadres, cette famille appartient à ce que les sociologues contemporains appellent la classe intermédiaire, et donna quelques personnalités de premier plan comme Antoine d’Estrémau (1636 – 1685), agent diplomatique du roi aux Indes orientales, Jean d’Estrémau de La Broquère (16[40] – 1696), ministre de Bellocq-en-Béarn, Antoine Destrémau (17[40] – 1784), médecin accoucheur de la comtesse d’Artois, Maxime Destremau (1875 – 1915), l’héroïque défenseur de Tahïti en 1914, Bernard Destremau (1917 – 2002), membre de l’Institut, ambassadeur et ancien ministre.

L’expression utilisée encore aujourd’hui couramment avec respect et déférence en Armagnac, « Ces messieurs du Houga », témoigne de l’histoire et du prestige qui entourait cette ancienne place forte et ses habitants. Famille notable du Houga, en voie d’agrégation à la noblesse — Moïse d’Estrémau est qualifié d’écuyer en 1631 —, la ruine des d’Estrémau de Massé après 1685 devait changer le cours des choses ; l’installation d’un collatéral, Jean II Destremau (1699 – 1774), à Paris au début du XVIIIe siècle constitua l’origine de la branche parisienne. Les Destremau avaient tout oublié de leur histoire, n’avaient aucun document, aucun élément antérieur à 1830, et c’est tout à l’honneur des trois dernières générations d’avoir pu exhumer ce passé.

Frédéric et Gilles Destremau, Destremau, 1502 – 2002, Horizons et feux d’Armagnac et d’ailleurs, 2002.

Présentation dans le bulletin de l’AHH, n° 46, décembre 2004.

François Goupil, né à Vernix, Manche, en 1782, s’installe à Paris, maître menuisier.

Son fils : François Goupil, 1807 – 1880, toiseur, vérificateur, puis employé de l’Assistance publique.

Son fils : Albert Goupil, 1852 – 1920.

Polytechnique 1870, École des ponts et chaussées, ingénieur aux chemins de fer de l’Ouest, officier de la Légion d’honneur.

A épousé Louise Brion, fille de Jules Brion, général, officier de la Légion d’honneur.

Son fils : Louis Goupil, 1887 – 1974.

Polytechnique 1907, École supérieure d’électricité, colonel du génie. Officier de la Légion d’honneur.

A épousé Madeleine Gilbrin, fille d’Henri Gilbrin, magistrat, officier de la Légion d’honneur.

Ses fils :

  • Robert Goupil, 1921 – 1951.

Saint-Cyr 1939, capitaine de l’infanterie coloniale, mort pour la France en Corée, bataille de Crèvecœur, septembre 1951, officier de la Légion d’honneur.

  • Bernard Goupil, 1925.

Saint-Cyr 1946, infanterie, général de division (cr) (AHH 546), gouverneur militaire de Marseille de 1982 à 1985, grand officier de la Légion d’honneur, grand officier du Mérite.

A épousé Brigitte Cornilleau, fille de Pierre Cornilleau, amiral, officier de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 47, novembre 2004.

Première génération

Noël François Marcel Marion (1857 – 1940). Père de cinq enfants. Officier de la Légion d’honneur en 1932.
  • 1877 : admis à l’École normale supérieure.
  • 1880 : agrégé d’histoire.
  • 1892 : docteur ès lettres.
  • 1912 : professeur au Collège de France.
  • 1926 : membre de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques).
A écrit de nombreux ouvrages, articles et travaux divers, dont quatre couronnés par l’Académie française et un par l’Académie des sciences morales et politiques ; les plus connus sont :
  • Le Dictionnaire des institutions de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles ;
  • L’Histoire financière de la France de 1715 à 1915, en 6 tomes.
Anecdote : à la suite d’une étude parue en 1926 sur les tarifs comparés de l’impôt global en France, en Angleterre, en Italie et aux États-Unis, le taux de l’impôt global a été ramené peu après de 60 % à 30 %.

Deuxième génération

Alexandre Charles Henri Marion (1886 – 1950). Père de huit enfants. Chevalier de la Légion d’honneur en 1938.
Docteur en droit.Engagé volontaire pour 3 ans en 1907, blessé le 19 août 1914, versé de l’infanterie dans l’intendance, envoyé sur le front d’Orient en 1918, démobilisé en 1919. Inspecteur principal à la direction de la S.N.C.F. jusqu’à fin 1949.

Troisième génération

Marcel Georges Louis Marion : né en 1924. Père de sept enfants. Saint-Cyr, promotion Rome-Strasbourg. Commandeur de la Légion d’honneur en 1976, grand officier de l’ordre national du Mérite en 2003. Général de brigade (C.R.) de l’armée de terre. Trente-six ans de service dans l’armée, quinze ans de service comme délégué général d’une organisation professionnelle d’ingénierie.


Bulletin de l’AHH, n° 46, décembre 2004.

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