La famille Billecocq est d’origine nordique. Un jeune écuyer nommé Billecocq a participé, à Bruges, à une joute, lors des fêtes qui eurent lieu pour le mariage de Charles le Téméraire avec Marguerite d’York en 1468 (Mémoires d’Olivier de La Marche). Ce jeune écuyer remporta le prix « pour ceux du dehors ».

De nombreux membres de la famille Billecocq ont appartenu à l’ordre de la Légion d’honneur. La branche décrite ci-dessous représente six générations de membres de la Légion d’honneur de père en fils sans interruption.

1. Jean-Baptiste Louis Joseph

Chevalier le 23 août 1814. Né et mort à Paris (1765 – 1829). Jurisconsulte français. Détenu pendant la Terreur et proscrit le 13 vendémiaire, il reprit, en 1797, sa profession d’avocat au barreau de Paris. Sous l’Empire, il ne remplit aucune fonction publique. Sous la première Restauration, il fut maître des requêtes au conseil de Monsieur. Il fut, en 1819, l’un des fondateurs de la Société pour l’amélioration du sort des prisonniers. Bâtonnier de l’Ordre des avocats en 1821 et 1822. On lui doit de nombreux ouvrages ainsi que des traductions d’œuvres d’auteurs anciens et étrangers.

2. Hippolyte

Un des quatre fils légionnaires du précédent. Officier le 6 juin 1837, chevalier le 22 mai 1825. Né et mort à Paris (1794 – 1859). Entré en 1813 au bureau du chiffre du ministère des Affaires étrangères, qu’il devait par la suite réorganiser et diriger. Démissionnaire en 1848.

3. Ernest Alexis Joseph

Fils du précédent. Officier le 21 janvier 1891, chevalier le 9 août 1864. Né à Paris (1830 – 1912). Suivit la carrière de son père et devint chef du bureau du chiffre du ministère des Affaires étrangères jusqu’à sa retraite en 1891.

4. Ernest Marie Alexis

Un des cinq fils légionnaires du précédent. Chevalier le 26 novembre 1932. Né et mort à Paris (1872 – 1942). Architecte diplômé par le gouvernement, il participa à deux expositions internationales (celle de Turin en 1911 et celle de Vincennes en 1931, où il édifia le pavillon des établissements français de l’Océanie).

5. André Marie Eugène

Fils du précédent. Chevalier le 2 décembre 1958. Né et mort à Paris (1902 – 1992). Architecte diplômé par le gouvernement, expert près de la cour d’appel de Paris et le tribunal de grande instance de la Seine. Architecte des fondations de l’Institut de France.

6. Alexis Jean Marie

Fils du précédent. Officier le 12 juillet 2000, chevalier le 14 juillet 1991. Contre-amiral. Né à Paris (1945). Représentant la huitième génération née à Paris de Parisien et la sixième génération de légionnaires sans interruption (A.H.H. 457).

Bulletin de l’AHH, n° 46, décembre 2004.

Originaire de la côte nord du Léon — et en particulier du pays Pagan —, les Salou sont mentionnés dès le XVe siècle avec quelques variantes dont Sallou et Salon, « gens de salle », selon l’onomastique. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la lignée dont sont issus les légionnaires comporte des journaliers, des métayers et de petits artisans.

Joseph Salou (1885 – 1981), élève mécanicien de la marine nationale en 1906, deux fois rescapé de torpillages dont celui du cuirassé Danton en mars 1917, il fait partie de l’expédition des Dardanelles. Ingénieur en 1926, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1927. Puis en 1939, en tant qu’ingénieur mécanicien principal, il reçoit la rosette de la Légion d’honneur.

Paul Salou (1914 – 1983), fils du précédent, élève à l’École du service de santé militaire en 1937, blessé en Belgique, il est fait prisonnier puis libéré en 1941. Après avoir passé son doctorat, il rejoint les FFI en 1944 et poursuit sa carrière en Allemagne, en Tunisie, en Algérie, et termine en métropole comme médecin colonel. Officier des palmes académiques, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1958.

Yves Salou (1942), fils du précédent, saint-cyrien en 1963 après avoir fait ses études au Prytanée militaire, il opte pour l’infanterie de marine. Il quitte l’armée en 1992 comme colonel après avoir passé neuf ans outre-mer, dix ans à la 9e division d’infanterie de marine et huit ans à Coëtquidan. Il est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1991.

L’aîné de ses fils est officier dans l’arme des transmissions, le cadet est médecin des armées.

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Les plus anciens aïeux de la famille Martin sont de Mirmande, joli village du Dauphiné, où fut inhumé Grégoire Martin avant 1531. Ces riches « marchands » envahissaient les « compoix » et les registres de notaires du pays. Pierre, « drapier drappant », eut quatre fils. Le plus jeune, Jean Grégoire, prit son baluchon vers 1670 et vint à Barbentane, au confluent du Rhône et de la Durance. Aubergiste aisé, il y fit souche. Son fils, Jean-Louis, fort désireux d’être « bourgeois », fit de grands et vains efforts en ce sens. Son aîné, Étienne, notaire, premier consul en 1776, séduit par les Lumières, accepta de bon cœur les premiers enthousiasmes de 1789. Jean-François, son fils, avocat, en rajouta quelque peu avant d’être à son tour menacé de mort tant par les blancs que par les rouges ! Son petit-fils, prénommé Auguste, avocat à Arles, républicain composant volontiers avec les Orléans, fut secrétaire général de la sous-préfecture et mourut du choléra en 1854.

Son fils, grand-père de notre sociétaire, Émile (1841 – 1899), Arlésien imprégné de culture provençale, fut nourri des idées républicaines. Avocat, il s’enflamma contre la « tyrannie » de l’Empire et milita pour la République. Ravi par la chute de Napoléon III, mais atterré par la défaite, il est nommé sous-préfet d’Aix-en-Provence par le gouvernement de Bordeaux en février 1871. Ayant fait placarder dans les rues d’Aix son refus personnel de capituler devant les Prussiens (!), il apprend sa destitution par un télégramme de Bordeaux. Redevenu avocat, militant passionné pour l’instruction publique et gratuite, il fit sa traversée du désert, avant que la République lui pardonne ses rodomontades en le nommant secrétaire du gouvernement général d’Algérie, puis préfet du Tarn-et-Garonne. Assagi, devenu homme de médiation, il est très affecté par les campagnes de presse dont il est victime, tant de la part des royalistes que des radicaux républicains. Nommé directeur de l’Institut des jeunes aveugles à Paris, il s’épanouit enfin pleinement, comblé par sa nomination en 1889 au grade de chevalier de la Légion d’honneur.

Son fils, père de notre sociétaire, Auguste (1878 – 1965), fait « Sciences po. » et milite avec les dreyfusards. Réformé, de santé fragile, il demande, en 1914, une affectation au plus près du front et devient secrétaire général à Nancy. Il y reste durant toute la guerre et les autorités civiles et militaires encensent son courage pendant les bombardements. Citation civile à l’ordre de la nation, citation à l’ordre de la division, croix de guerre et nomination dans la Légion d’honneur — en 1919 — viennent successivement reconnaître ses mérites. Puis, il entre avec ardeur dans la carrière préfectorale : préfet en Corrèze, Loir-et-Cher, Sarthe (où il est promu officier de la Légion d’honneur en 1934) et Gard. En 1940, considéré comme trop peu « sûr », il est limogé par Vichy et se retire dans la Sarthe. Pendant sa retraite il s’est beaucoup investi pour l’école et l’instruction publique.

Son fils (AHH), Denis Martin, né à Blois en 1927, diplômé de l’École des ingénieurs de Caen, engagé volontaire pour l’Indochine (1951 – 1952), est enseigne de vaisseau de réserve. Il est ensuite ingénieur aux usines Renault du Mans. Ayant épousé une Avignonnaise, il part pour le Midi au centre nucléaire de Marcoule (CEA), recruté par Robert Galley, et initialement sous ses ordres. Période de « pionniers » : successivement ingénieur à l’usine de plutonium, chef du dégainage des combustibles irradiés, du réacteur G 1, des études et programmes, des réacteurs Célestin (tritium), enfin adjoint au directeur de la Cogema de Marcoule. En préretraite en 1983, il fonde et anime pendant près de vingt ans en Avignon une association sociale pour les femmes en difficulté (plusieurs centres d’hébergement et services sociaux sont alors créés). Il est élu président d’une fédération d’associations de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Ayant pris une nouvelle retraite en 2002, il se livre à des activités de recherches historiques régionales et donne des conférences à l’Académie de Vaucluse. Il est l’auteur d’un ouvrage sur l’Histoire de Barbentane. Chevalier du Mérite (1972) et de la Légion d’honneur (2004).

Bulletin de l’AHH, n° 46, décembre 2004.

Les légionnaires énumérés ci-dessous appartiennent tous au rameau toulousain des Gèze d’origine gersoise, établi à Toulouse depuis le début du XIXe siècle, où Jean-Baptiste Gèze, cadet de famille, prospéra dans le négoce de produits coloniaux.

Son petit-fils : Henri Gèze, 1864 – 1948, polytechnicien, officier d’artillerie à Castres puis à Toulouse, grand blessé en 1916 au 57e régiment d’artillerie, a commandé le 23e régiment d’artillerie. Commandeur de la Légion d’honneur. Marié en 1894 à Marguerite Mahuziès, fille de Léon Mahuziès, saint-cyrien, blessé en 1870 à Sedan, chevalier de la Légion d’honneur. Ils eurent sept enfants, dont trois fils légionnaires, ainsi que deux gendres.

Ses fils

  • Louis Gèze, 1896 – 1985, officier d’artillerie pendant la Grande Guerre et en 1940 puis prêtre, secrétaire du cardinal Salièges en 1943, curé de la basilique Saint-Sernin pendant dix-huit ans (1949 – 1967). Officier de la Légion d’honneur.
  • Amédée Gèze, 1898 – 1988, engagé volontaire en 1916, saint-cyrien, promotion des Croix de guerre, 1919 – 1920, officier de cavalerie puis d’artillerie, breveté de l’École de guerre. Commissaire régional des Chantiers de la jeunesse à Toulouse, 1940 – 1944 ; arrêté par la Gestapo, évadé ; commandant en second de Saint-Cyr-Coëtquidan, Indochine, 1951 – 1953. Général chef du gouvernement militaire français de Berlin, 1954-58. Commandeur de la Légion d’honneur.
  • Arnaud Gèze, 1913 – 1944, engagé volontaire en 1931 dans l’artillerie, EOA à Poitiers en 1937, campagne de France, 1940, puis de Tunisie, d’Italie et de Provence, 1942 – 1944. Mort pour la France le 25 Août 1944 à Marseille (où un boulevard porte son nom). Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

Ses gendres

  • Marc Malcor, 1891 – 1916, saint-cyrien promotion de la Moskova, 1910 – 1913, officier de cavalerie, passé dans l’aviation en 1915. Mort pour la France en mission aérienne de nuit le 7 avril 1916. Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume,
  • Amédée Lepercq, 1903 – 1992, ingénieur des mines, officier de réserve, campagne de France 1940, chevalier de la Légion d’honneur.

Ses petits-fils

  • Michel Malcor, 1916 – 1944, saint-cyrien promotion Plus-Grande-France, 1938 – 1939. Mort pour la France près d’Auray (proche de Lorient) le 1er décembre 1944. Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.
  • Louis Gèze, fils d’Amédée, 1922 – 1968, saint-cyrien promotion Croix-de-Provence, 1942, officier d’artillerie, campagnes en Indochine, 1949 – 1951, Algérie 1958 – 1960. Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Robert Gèze, 1924, fils d’Amédée, saint-cyrien promotion Rome-et-Strasbourg, 1944, officier d’infanterie, Indochine, 1947 – 1948 et 1951 – 1953, Maroc, 1954 – 1955, Algérie, 1958 – 1960, général de brigade (2S). Commandeur de la Légion d’honneur (AHH 414).
  • Emmanuel Gèze, fils d’Amédée, 1926, saint-cyrien promotion Général-Frère, 1948 – 1950, officier d’artillerie, Indochine, 1953 – 1955, Algérie, 1959 – 1962. Chevalier de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 46, décembre 2004.

« L’an de grâce mil six cent soixante et le second jour de février », Mathieu Le Roux épouse Jehanne Gugelot, en présence du sieur de La Haye, Bailly de Courtebourne, et autres témoins, en l’église Notre-Dame de Licques.

Une collégiale a été fondée au XIe siècle par Robert de Licques, à son retour de la Première Croisade. En 1132, elle est transformée en abbaye de chanoines réguliers de l’ordre de Prémontré, selon la règle de saint Augustin, qui venait d’être renouvelée par saint Norbert. Le premier abbé en est Henri, parent de Louis VI, roi de France. Un bourg s’est développé à l’ombre tutélaire de l’abbaye Notre-Dame-de-la-Nativité, dont les possessions s’étendent sur les diocèses de Thérouanne, puis Boulogne et Saint- Omer, avec le service de onze paroisses.

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l’histoire de Mathieu Le Roux et de sa famille est étroitement associée à celle de l’abbaye.

En 1714, Philippe-Ignace Gugelot, prémontré de l’abbaye de Licques, apparaît dans la chronique alors qu’il a la charge de la cure de Serques (au diocèse de Saint-Omer). L’épouse de Mathieu lui donne huit enfants, dont l’aîné ne vit que trois mois.

  • Le second, Louis, né le 11 février 1665, épouse à Licques, le 5 juillet 1689, Françoise Calliez. De ce mariage, sont nés six enfants, dont :
  • Adrien (1696 – 1782), qui épouse Jeanne Le Liepvre. Ils n’ont que deux enfants : Adrien, né le 9 avril 1737, décédé le lendemain, et :
  • Adrien, deuxième du nom, né le 18 juillet 1738. Celui-ci se marie à Licques le 11 mai 1778 à Marie-Gabrielle Duhautoy ; leur mariage est célébré par Martin-Adalbert Duhautoy, son frère, « prêtre chanoine régulier et procureur de l’abbaye ». On retrouve parmi les prémontrés également les noms de Le Liepvre (chargé de la cure de Licques) et de Francoville (prieur de l’abbaye en 1764). Adrien et Marie-Gabrielle ont trois fils, dont seul l’aîné :
  • Jean-Louis (1779 – 1852) a une descendance. « Propriétaire-agriculteur » de son état, il avait pour cousin germain, Jacques Marie Delmotte, notaire royal, devenu maire de Licques, lui-même étant conseiller municipal.

Jean-Louis Désiré, son fils aîné, épouse Pétronille Françoise Ambroisine Francoville (Charles Bruno Francoville, son père, fut député du bailliage d’Ardres à l’Assemblée nationale et membre de la Légion d’honneur). L’aînée des filles, Marie-Louise Henriette Le Roux épouse Antoine Callart, maire d’Audrehem (d’où la descendance Callart et Sacquépée : le médecin général Sacquépée, membre de l’Académie de médecine, commandeur de la Légion d’honneur, dirigea le Val-de-Grâce).

  • Le quatrième des sept enfants de Jean-Louis Le Roux, Antoine-Isidore, conducteur principal des ponts et chaussées, se marie en 1846 à Victoire-Eugénie Dubois, fille de Louis Dubois (1777 – 1857), officier de la Grande Armée, fait chevalier de la Légion d’honneur en 1812. Antoine-Isidore a trois enfants, dont :
  • Eugène-Henri (1856 – 1923), qui fut receveur municipal de la ville de Senlis, père de :

Première génération

Charles-Henri (1888 – 1954), lieutenant-colonel d’artillerie, officier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 ; blessé de guerre, époux d’Yvonne Mathet, deux enfants, dont :

Deuxième génération

Jean (1920 – 1999), directeur de la comptabilité de la Banque de France (1976 – 1983). Professeur au Centre d’études supérieures de banque (Fondation des sciences politiques). Chevalier de la Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques, époux de Micheline Deleau, dont un fils :

Troisième génération

Christian, Jean-Marie, Michel (1943), docteur en médecine ; gastro-entérologue ; radiologue. Chef du service de radiologie à l’hôpital du Vésinet. Médecin en chef de réserve du service de santé des armées (marine). Chevalier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre national du Mérite, médaille d’honneur du service de santé des armées, médaille de la ville de Paris.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

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