Originaires de Normandie, où ils exploitaient des terres au XVe siècle, les Méneval, dont le nom patronymique était Varquain ou Varquin de Méneval, se retrouvent dès 1640 à Paris avec une charge de contrôleur des vins et alcools pour l’Île-de-France. À ce titre, ils étaient bourgeois de Paris. Ils habitaient 9 rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, aujourd’hui rue Visconti. Ayant du bien, les enfants avaient pu faire de bonnes études.

Première génération

C’est ainsi que Claude François Menneval, né le 2 avril 1778, fut suivi par une gouvernante anglaise et un précepteur, ami de la famille, M. Palissot de Montenoy, écrivain en vogue, familier des philosophes et plus particulièrement de Rousseau et de Voltaire. Féru de belles-lettres, le collège Mazarin ayant été fermé à la Révolution, Menneval se cultiva grâce à Palissot, qui l’introduisit dans les salons littéraires où il fit la connaissance de Louis Bonaparte, colonel au 6e régiment de dragons. Atteint par la conscription, le jeune homme fît un service militaire court de 6 mois ; Louis Bonaparte le recommanda alors à son ami Roederer, conseiller de Bonaparte. Méneval entra au Journal de Paris, propriété de Roederer, en 1799. Il rendit aussi quelques services à Joseph Bonaparte, qui finit par se l’attacher comme secrétaire en 1800. (Ambassadeur extraordinaire du Premier Consul, Joseph Bonaparte signa les traités de Lunéville avec l’Autriche en février 1801 et d’Amiens avec l’Angleterre en mars 1802.) Parlant anglais, excellent et rapide rapporteur des paroles prononcées par les intervenants, le jeune secrétaire devait commencer une belle carrière.

Le 3 avril 1802, Méneval entrait au cabinet du Premier Consul. Il y resta onze ans, participant jusqu’en mars 1813 à toutes les batailles de l’Empire, travaillant jour et nuit à la rédaction de lettres, dépêches et rapports destinés aux ministres, aux maréchaux, aux rois et princes de la famille Bonaparte, comme aux rois des familles princières en Europe. Il avait si bien l’habitude des phrases de Napoléon, que celui-ci lui jetait à la volée le canevas des textes que le secrétaire composait puis faisait signer par le maître. On lui doit plus de 80 000 lettres et rapports. Premier secrétaire, chef du portefeuille, Méneval participa au traité de Tilsit, en juin 1807, et à l’entrevue d’Erfurt en septembre et octobre 1807. En 1808, il était en Espagne, en 1812, il faisait la campagne de Russie, d’où il revenait malade. Étendu sur un traîneau, plusieurs membres atteints de gelures, Méneval rentra en France en octobre.

Trop fatigué, il demanda sa mise en disponibilité à l’empereur Napoléon, qui, à contrecœur et pour l’avoir toujours près de lui, le nomma secrétaire aux commandements de l’impératrice Marie-Louise en mars 1813. C’est à ce titre qu’il suivit Marie-Louise et le roi de Rome à Vienne en mars 1814. Voyant la trahison de celle-ci, il demandera à Metternich de revenir en France. En avril 1815, lors des Cent-Jours, il reviendra comme conseiller au cabinet impérial et assistera, la mort dans l’âme, à la chute de l’Empire en juin 1815. Il fut empêché de rejoindre Napoléon par le gouvernement provisoire et les Anglais.

Faisant construire le château de Gif-sur-Yvette, il y prendra sa retraite en entretenant des relations suivies avec les membres en exil de la famille Bonaparte et en écrivant ses mémoires. Il mourut de 6 juin 1850 à Paris. Il avait reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur le 28 avril 1806 au palais de Saint-Cloud et avait été fait officier de la Légion d’honneur le 10 avril 1819. Baron en 1810.

Deuxième génération

Son fils aîné, Napoléon-Louis, baron de Méneval (1813 – 1899), fit d’excellentes études et sortit de l’École polytechnique en 1832. Il choisit l’École d’application de l’artillerie et du génie et rejoignit la direction du 1er corps de l’artillerie à Strasbourg.

Capitaine, il fut nommé à l’état-major particulier du Prince-Président, Louis-Napoléon, le 14 janvier 1849, en tant qu’officier d’ordonnance. Il participa au coup d’État du 2 décembre 1851. Très lié avec le général de Lawoestine, commandant en chef de la garde nationale, il apporta dans la nuit du 1er au 2 décembre, un ordre de la main du Prince-Président au colonel Vieyra, chef d’état-major de la garde nationale, ordre qui lui demandait de s’opposer à toute prise d’armes des régiments de la garde. Il fit la liaison avec les différents chefs de corps pour les dissuader de sortir de leurs casernes. Cette mission réussie lui valut la nomination au grade de chef d’escadron en 1852. Nommé lieutenant-colonel en 1858, commandant le 8e régiment d’artillerie monté à Paris, il fut, de 1859 à 1863, détaché auprès de l’empereur Napoléon III comme préfet du palais avec le grade de colonel. De 1863 à 1868, il fut envoyé au corps d’artillerie de Mézières, puis nommé directeur de l’École d’artillerie à la Fère. La guerre de 1870 le surprit dans ses fonctions, mais malgré une belle résistance des officiers et élèves de cette école, il fut fait prisonnier et envoyé en Belgique. Bien qu’il ait été proposé au grade de général de brigade, il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite en octobre 1870.

Chevalier de la Légion d’honneur le 2 décembre 1850 et officier le 14 août 1860.

Troisième génération

Napoléon Joseph Ernest, 3e baron de Méneval (1849 – 1926), naquit à Paris le 9 janvier 1849. Fils de Napoléon-Louis, colonel d’artillerie de Napoléon III, il entra à la direction des archives du ministère de Affaires étrangères le 15 mars 1869. Il fut nommé attaché au cabinet du ministre, section des affaires politiques, le 1er août 1870, mais en raison de la guerre, s’engagea dans l’artillerie. Après cette courte et malheureuse campagne, il reprit la carrière politique.

Après avoir été secrétaire d’ambassade à Rome, Berlin, Belgrade et Madrid, puis consul général de France à Florence, il termina sa carrière au ministère des Affaires étrangères, direction Amérique du Sud, comme ministre plénipotentiaire en 1907.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur le 27 novembre 1888.

Cinquième génération

Son petit-fils, Claude-Napoléon, 5e baron de Méneval (AHH 522), président du Souvenir napoléonien et secrétaire général de la Fondation Napoléon, est membre du conseil d’administration de l’AHH. Chevalier de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

Dévouée au service de l’État depuis la fin du XVIIIe siècle, et bien que d’origine normande, la famille Le Masson a suivi les affectations de ses membres, s’implantant durablement ici ou là, selon les alliances nouées à l’occasion des mariages de ses descendants.

Louis Le Masson (1701 – 1767), né à Saint-Pierre-de-Sommaire, a eu huit enfants.

Louis Le Masson (1743 – 1829), né à La Vieille-Lyre (Eure), marié et veuf cinq fois, est à l’origine de l’ascension de la famille. Ayant effectué de brillantes études à l’École des ponts et chaussée, rue de la Perle à Paris, il a notamment peint un panorama de Rome dont le roi Louis XVI voulait faire une copie sur une des rotondes de la laiterie de Rambouillet ; c’était en 1787… Nommé ingénieur ordinaire, puis inspecteur des ponts et chaussées à Versailles, il fut attaché à l’éducation des princes, les ducs d’Angoulême et de Berry.

Anobli par Louis XVIII et nommé écuyer, lui, ses enfants et petits-enfants peuvent porter ces armes : « coupé, au premier d’azur à deux tiges de lis posées en sautoir d’argent grainées d’or, au second de gueules au chevron d’or accompagné de trois étoiles d’argent ; l’écu timbré d’un casque taré de profil, orné de deux lambrequins ».

Première génération

Charles Théodose Le Masson (1789 – 1856), né à Versailles, décédé à Vaudrevange (Sarre). Fils aîné de Louis, épouse Amélie Saglio en 1819 : quatre enfants, parmi lesquels Amélie-Victoire épousera en 1842 Alfred Villeroy (famille Villeroy de Galhau), dont la sœur Octavie épousera Eugène von Boch la même année.

École polytechnique en 1807, puis École des ponts et chaussées. Après un bref passage a Nice en 1812, il est affecté à Haguenau en 1814. Il fera ensuite carrière au service des chemins de fer, chargé de l’inspection des lignes de l’Est. Ingénieur en chef à Metz sous Louis-Philippe, puis inspecteur divisionnaire et enfin inspecteur général. Il a été élu, le 1er août 1846, député du 3e collège du Bas-Rhin (Haguenau). Il a été président de l’Académie de Metz. Officier de la Légion d’honneur.

Deuxième génération

Charles Louis Le Masson (1820 – 1883), né à Strasbourg, décédé à Versailles. Fils aîné de Charles-Théodose, épouse en 1860 Laure Marine Françoise Rolland, descendante des Perier (château de Vizille). Cette alliance est à l’origine de l’implantation des Le Masson en Dauphiné (propriété du Bachais à Meylan, puis Les Eymes à Saint-Nazaire-les-Eymes).

École polytechnique en 1839, puis École d’application de l’artillerie et du génie, Algérie de 1844 à 1851, Campagne d’Italie de mai à juillet 1859, Algérie de nouveau jusqu’en 1862. Commandant de la division du génie de la garde impériale, puis Algérie de 1866 à 1869. Colonel de l’armée du Rhin en juillet 1870, il est fait prisonnier à Metz en octobre. Affecté à Toulon après sa libération en 1871, il est promu général en 1875. Gouverneur de Grenoble en juin 1878, il termine sa carrière comme général de division, inspecteur de divers arrondissements du génie, avant d’être admis en 2e section en juin 1882. Commandeur de la Légion d’honneur.

Troisième génération

Georges Robert Le Masson (1866 – 1951, né à Versailles, décédé à Jovyac, Ardèche). Fils aîné de Charles, frère de Bernard Le Masson (École polytechnique, officier d’artillerie de montagne, officier de la Légion d’honneur, président de l’Académie delphinale en 1929), épouse en 1900 à Roquemaure (Gard) Agnès de Talode du Grail, fille de Joseph du Grail et de Thérèse de Lafarge.

École spéciale militaire de Saint-Cyr (1888 – 1890), École de cavalerie à Saumur. Carrière en France : Tarascon, Marseille, Valence, Montpellier, Béziers. Passé dans la réserve en 1912. Chevalier de la Légion d’honneur (1911).

Quatrième génération

François Le Masson (1908 – 1981), né à Montpellier, décédé à Paris. Fils cadet de Robert, frère de Claudette de Gaillard, de Bruno (SJ) et de Louis (Saint-Cyr 1932-1934, promotion Bournazel, officier de la Légion d’honneur). Épouse France Clément-Grandcourt en 1945 (fille du général Abel Clément-Grandcourt, grand officier de la Légion d’honneur), décédée en 1951. Trois enfants. Remarié avec Marie-Antoinette de Chalambert en 1958, dont il aura une fille.

École spéciale militaire de Saint-Cyr (1928-1930, promotion Foch). Directeur de l’instruction à l’École de cavalerie à Saumur de 1949 à 1955, chef de corps du 16e dragons à Aïn-Beïda (1955-1957), promu général en 1959, commandant de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) (1959-1961), dernier commandant du corps d’armée d’Alger (1962-1963). Général de division, IHEDN, commandeur de la Légion d’honneur (1959),croix de guerre 1939-1945 avec palmes, Silver Star, Palmes académiques, hospitalier de Notre-Dame de Lourdes.

Cinquième génération

Ludovic Le Masson, né en 1946 à Baden-Baden (RFA). Fils aîné de François. Épouse Dominique Loustau en 1979, dont Guillaume, France et Aude. Colonel (er) (École militaire interarmes, 1968-1969 ; École de cavalerie ; École supérieure de guerre, 99e promotion), AHH 604, officier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

Famille originaire de Bretagne, région de Saint-Brieuc.

Première génération

François Le Nôtre est né en 1860 dans une famille d’origine modeste. Débutant comme mousse dans la marine de commerce à 12 ans, cap-hornier à 16 ans, il s’engagea ensuite dans la marine de guerre et s’éleva à force d’énergie et de détermination. Il fut élu maire de Ploufragan (Côtes-du-Nord) de 1919 à 1935. Les services exceptionnels rendus à la commune lui valurent la Légion d’honneur. Une rue de la localité porte son nom.

Il eut six enfants élevés dans un esprit d’honneur et de patriotisme, dont quatre fils enfants de troupe.

Deuxième génération

François Le Nôtre, général, prisonnier en 1940, rapatrié sanitaire s’engage dans la Résistance et meurt en 1948 des suites de sa captivité en Sibérie. Officier de la Légion d’honneur, médaille de la Résistance. Son fils François, lieutenant aviateur, meurt en service aérien commandé en 1940.

Adolphe Le Nôtre, lieutenant d’artillerie, a été tué en 1916 dans la Somme.

René Le Nôtre, capitaine d’artillerie, résistant, arrêté, torturé au Fort du Haa, meurt en déportation à Buchenwald en 1944. Chevalier de la Légion d’honneur.

Émile Le Nôtre, colonel d’artillerie, a été tué à Dunkerque le 3 juin 1940. En son temps spécialiste de la D.C.A., il avait le commandement de la D.C.A. de la lre armée. Officier de la Légion d’honneur. Il eut deux fils.

Troisième génération

Robert Le Nôtre, saint-cyrien, engagé dans la Résistance, passe en Espagne. Campagne d’Italie comme lieutenant de tirailleurs marocains. Tué en octobre 1944 au cours de la libération de la France. Chevalier de la Légion d’honneur.

André Le Nôtre, notre camarade de l’AHH (n° 653), saint-cyrien, breveté d’enseignement militaire supérieur, colonel dans la réserve. Il exerce à partir de 1970 d’importantes fonctions chez Peugeot et termine la dernière partie de sa vie active dans le recrutement et la formation de cadres du bâtiment et des travaux publics. Chevalier de la Légion d’honneur.

Un de ses cousins germains, prêtre, rejoignit aussi la Résistance, fut pris, torturé et fusillé en 1944. Médaillé militaire.

La famille Le Nôtre, en deux générations, a payé un lourd tribut pour l’honneur et la défense de la France.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

Les Chaptal étaient une famille de propriétaires fonciers d’un village du Gévaudan près de Mende.

Première génération

Un de ses fils, Jean-Antoine, né en 1756, fit de brillantes études et se retrouva en 1780 titulaire de la chaire de chimie créée pour lui à Montpellier et responsable de plusieurs entreprises agricoles ou manufacturières. Il fut aussi titulaire de l’ordre royal de Saint-Michel et anobli en 1788. Il s’était lié à Montpellier avec plusieurs notables de la ville, dont en particulier Cambacérès et les Lajard.

D’esprit très pratique, il sut faire bénéficier l’agriculture et l’industrie des progrès de la science et singulièrement de la chimie. Nous lui devons, entre autres, la chaptalisation du vin, procédé qui fit faire des progrès considérables à la vinification et qui est encore largement utilisé de nos jours.

En 1799, il fut appelé au Conseil d’État par Bonaparte et, en 1800, nommé ministre de l’Intérieur. Il occupa ce poste jusqu’en 1804. Napoléon le nomma alors au Sénat, où il resta jusqu’à sa mort en 1832. Napoléon l’avait élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneuren 1804 et Louis XVIII à celle de grand-croix en 1825.

Deuxième génération

Son fils Jean-Baptiste exploita les entreprises de son père, qui manquait de temps pour s’en occuper lui-même. Il fit aussi un peu de politique locale et fut député de Paris et maire de Neuilly. C’est à ce titre qu’il fut nommé chevalier de la Légion d’honneuren 1824. Il mourut en 1833.

Jean-Baptiste eut deux fils :

Troisième génération

L’aîné, aspirant à l’École navale, fut tué en 1838 dans une escarmouche contre les Mexicains devant Saint-Jean-d’Uloa.

Le second, Victor René, qui s’était lié d’amitié avec le duc d’Aumale au collège Henri IV, avait suivi ce dernier en Algérie et y était devenu commissaire civil. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1860.

Victor-René avait épousé une proche parente d’Arthur Raffalovitch, qui connut une certaine célébrité comme envoyé du tsar de Russie chargé de placer les fameux emprunts russes en France. Ils eurent plusieurs enfants.

Quatrième génération

Anatole (1861 – 1943) commença par la diplomatie, puis vers 30 ans, entra au séminaire et devint prêtre. En 1922, il fut nommé évêque d’Isionda et auxiliaire de l’archevêque de Paris. Il resta à ce poste jusqu’à sa mort en 1943. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

Léonie (1873 – 1937) se consacra aux œuvres sociales et fonda une école d’infirmières qui existe encore aujourd’hui. Elle fut aussi nommée chevalier de la Légion d’honneur.

L’autre fils de Victor-René, Victor, fut agriculteur comme son fils Jean. Ils revenaient ainsi aux origines de la famille. Mais de nouveau, les petits-enfants de Victor ont quitté l’agriculture et se sont tournés vers l’administration ou l’armée. La famille Chaptal de Chanteloup n’est pas très célèbre ni très fortunée. Le sens des affaires de ses membres n’est pas très remarquable. Mais depuis un peu plus de deux siècles, ils ont tous bien rempli leur devoir. Plusieurs en ont été récompensés, notamment par leur admission dans l’ordre de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

Cette famille est connue à Auxerre (Yonne) depuis la première partie du XVIe siècle. Ses représentants y exercent des charges de judicature et les fonctions d’avocat au bailliage puis au tribunal jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Elle se rattache à la famille Choppin d’Arnouville, anoblie par Henri III, originaire d’Anjou, établie à Paris depuis le milieu du XVIe siècle, où ses membres remplissent des offices et charges de conseiller et substitut au Parlement, président au Grand Conseil, premier président de la cour des monnaies, conseiller et lieutenant criminel au Châtelet, chevalier du guet et maître des requêtes. Après la Révolution, ils servent l’État comme conseiller à la Cour de cassation, conseiller d’État, préfets et officiers, ou sont avocats à la cour. Cette branche aînée de la famille Choppin, titrée baron Choppin d’Arnouville en 1826, est aujourd’hui éteinte. Elle a compté au XIXe siècle deux commandeurs, trois officiers et un chevalier de la Légion d’honneur.

Le premier représentant du deuxième rameau — seul subsistant aujourd’hui — de la branche cadette à s’établir à Paris est Joseph-Germain Choppin de Villy (1754 – 1826), seigneur de La Motte-Saint-Jean, avocat au parlement puis à la cour. De lui sont issues cinq générations de membres de la Légion d’honneur.

Première génération

Son fils aîné, Joseph-Pierre Nicolas Choppin, avocat à la cour, membre du conseil de l’Ordre du barreau de Paris, est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1836. De son mariage avec Pauline Boursy, fille de Jean-Charles Boursy, directeur des contributions directes au ministère des Finances, commandeur de la Légion d’honneur,et de Renée Caminade de Castres, fille du grammairien de Louis XVI, naissent trois enfants.

Deuxième génération

Sa fille, Alice Choppin (1835 – 1908), épouse Étienne Cresson, avocat à Paris, membre du conseil de l’Ordre en 1866, préfet de police pendant le siège de Paris, plénipotentiaire avec Jules Favre auprès de Bismarck, bâtonnier de Paris en 1889, officier de la Légion d’honneur.

Son fils aîné, Albert Choppin (1832 – 1893), avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, est chef de cabinet de son beau-frère à la préfecture de police, le remplace après sa démission, est nommé préfet de l’Oise en 1872, puis directeur au ministère de l’Intérieur en 1875. Il est officier de la Légion d’honneur.Sa descendance est éteinte dans la ligne masculine.

Son deuxième fils, Abel Choppin (1839 – 1909), avocat, puis fonctionnaire au ministère des Finances, chevalier de la Légion d’honneur en 1873, épouse Marie-Élise Haudry de Janvry, fille d’André-Napoléon Haudry de Janvry (1810 – 1887), conseiller d’État, secrétaire général du ministère des Finances, grand officier de la Légion d’honneur.Ce dernier était le filleul du prince Napoléon-Louis Bonaparte, grand-duc de Berg et de Clèves, et de la reine Hortense, à la maison de qui sa mère appartenait lors de son mariage en 1810 avec André-Pierre Haudry de Janvry (1768-1843), chevalier de Saint-Louis, capitaine de frégate après avoir servi aux Indes comme jeune officier sous Suffren, émigré à Londres nommé receveur général des Ardennes à l’occasion de son mariage. Ce dernier était le dernier fils d’André-Pierre Haudry de Soucy, seigneur de Janvry, fermier général de Sa Majesté de 1768 à 1781, puis inspecteur des salines royales avant la Révolution, éphémère commissaire de la manufacture de porcelaine de Sèvres en 1793, lui-même fils d’André Haudry (1688 – 1769), secrétaire du roi (1740), fermier général de Sa Majesté (1740 – 1768).

Troisième génération

Les enfants d’Abel Choppin et de Marie-Élise Haudry de Janvry adjoignent le nom de leur mère à leur patronyme par jugement du tribunal civil de la Seine (26 janvier 1928), rendu en application de la loi Viviani (1923) comme suite de la mort au champ d’honneur, durant la Première Guerre mondiale, de leurs deux cousins germains, Pierre et Paul Haudry de Janvry, derniers mâles de leur nom.

Le fils aîné d’Abel, Olivier Choppin Haudry de Janvry (1867 – 1944), conseiller maître à la Cour des comptes, est officier de la Légion d’honneur.

Le deuxième fils d’Abel, Joseph Choppin Haudry de Janvry (1872 – 1951), banquier, est nommé chevalier de la Légion d’honneurle 25 février 1927. De son mariage avec Marie Moreau de Bellaing, fille du colonel Moreau de Bellaing, officier de la Légion d’honneur, sont issus trois filles et cinq fils.

Quatrième génération

Parmi ceux-ci, trois ont été décorés de la Légion d’honneur :

  • Jean (1910 – 1983), qui suivra ;
  • Yves, né en 1916, général de brigade, officier de la Légion d’honneur ;
  • Henry (1918 – 1949), lieutenant au 22e régiment d’infanterie coloniale, mort pour la France à Bien-Hoa (Cochinchine).

Leurs cousins germains, Bernard et Jacques, issus du troisième fils d’Abel, sont également chevaliers de la Légion d’honneur.

Jean Choppin Haudry de Janvry (1910 – 1983), fils aîné de Joseph, est directeur dans un groupe pétrolier international. Engagé volontaire au début de 1940, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 21 février 1963.

Il a épousé Colette Ferry, petite-fille du colonel Charles Ferry (1839 – 1896), officier de la Légion d’honneur, commandant le 7e de ligne lors de son décès, et fille de Georges Ferry, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918, et de Suzanne Doyen. Cette dernière est issue d’une famille anoblie le 4 octobre 1628 par le duc Charles IV de Lorraine, titrée baron Doyen en 1841 ; elle est la fille du baron Doyen (1860 – 1914), chevalier de la Légion d’honneur(30 janvier 1896), colonel commandant la 4e brigade d’infanterie, mort pour la France pendant la première bataille de la Marne ; petite-fille du baron Henri-François Doyen (1826 – 1877), conseiller référendaire à la Cour des comptes, chevalier de la Légion d’honneur ; arrière petite-fille du baron Doyen (1797 – 1866), sous-gouverneur de la Banque de France, officier de la Légion d’honneur, lui-même fils du baron Doyen (1753 – 1843), receveur général des finances, chevalier de la Légion d’honneur.Par eux, elle descend du général vicomte Puthod (1769 – 1837), grand officier de la Légion d’honneur,et du général Curely (1774 – 1827), chevalier de la Légion d’honneuret de Saint-Louis, dont les noms sont inscrits sur l’Arc de triomphe, ainsi que du général Édouard Cailliot (1833 – 1901), grand officier de la Légion d’honneur, membre du Conseil supérieur de la guerre.

Cinquième génération

Deuxième fils de Jean, Philippe Choppin Haudry de Janvry (AHH n° 635), ancien président d’Ugine S.A., représente depuis le 6 novembre 1990, date de sa réception comme chevalier de la Légion d’honneur,la cinquième génération de sa famille, en ligne directe masculine, à appartenir au Premier Ordre. Il est par ailleurs commandeur de l’ordre national du Mérite, dont son frère Olivier, architecte, est chevalier.

Il est marié à Marie-Laure Quentin-Bauchart, fille de Roger Quentin-Bauchart (1908 – 1983), banquier, chevalier de la Légion d’honneur,croix de guerre 1939-1945, et de Germaine Picard (1909 – 1986), arrière petite-fille de Laurent-Alexis Picard, président de la chambre des avoués de Paris sous le Second Empire, chevalier de la Légion d’honneur.Roger Quentin-Bauchart était le fils de Pierre Quentin Bauchart (1881 – 1916), conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine, chevalier de la Légion d’honneur,croix de guerre 1914-1918, mort pour la France à Bouchavesnes (Somme) comme capitaine au 72e régiment d’infanterie, lui-même fils de Maurice Quentin Bauchart (1857 – 1910), également conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine, et de Marguerite Cambronne, petite-nièce du général vicomte Cambronne, grand officier de la Légion d’honneur,et petit-fils d’Ernest Quentin Bauchart (1830 – 1909), maître des requêtes au Conseil d’État, chevalier de la Légion d’honneur.Ce dernier était le fils d’Alexandre Quentin Bauchart (1809 – 1887), avocat, député de l’Aisne (1848 – 1851), président de la section du contentieux au Conseil d’État, président du conseil général de l’Aisne, enfin sénateur de l’Aisne jusqu’à la chute du Second Empire. Il était commandeur de la Légion d’honneur.Roger Quentin-Bauchart, par sa mère, née Antoinette Dufour, descend de Charles-Auguste Crépon (1825 – 1893), agent de change, chevalier de la Légion d’honneur(21 juillet 1871), et du colonel Alexandre-Pierre Gambier (1791 – 1854), commandeur de la Légion d’honneur.

Les cinq fils issus du mariage de Philippe Choppin de Janvry et de Marie-Laure Quentin-Bauchart sont ainsi les descendants directs, en ligne masculine et féminine, de trois grands officiers, trois commandeurs, cinq officiers et treize chevaliers de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 45, novembre 2003.

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