Cette famille du Lyonnais est originaire de Bard en Forez, où elle est citée au xiiie siècle et où sa filiation est établie depuis 1494 avec des laboureurs. Elle produisit des magistrats municipaux dès le xviie siècle. Au xixe siècle, Mathieu (1811 – 1885) s’installa à Montbrison comme libraire-éditeur, préparant l’orientation de sa famille vers la presse.

Son fils Joseph (1851 – 1921) prépara l’École normale supérieure mais fut recruté par Hachette pour éditer les Mémoires du cardinal de Retz, puis en 1874 par le ministre de l’Agriculture et du Commerce comme secrétaire. Devenu journaliste, il partit en 1879 en Autriche-Hongrie pour le journal Le Parlement, revint en 1880 comme secrétaire de rédaction du Globe et entra en 1882 au Journal de Rouen comme rédacteur en chef avant de le racheter en 1900 et de le diriger jusqu’à sa mort. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1897. Ses fils Jean et André reprirent son journal en 1921 comme codirecteurs.

André (1890 – 1932), officier de liaison avec l’armée britannique pendant la Première Guerre mondiale, aurait été chevalier de la Légion d’honneur. Il mourut prématurément et son jeune frère Pierre (1900 – 1984) reprit alors ses fonctions dans le journal.

Leur frère aîné, Jean (1888 – 1975), archéologue de formation, était actif dans de nombreuses sociétés savantes et publia de nombreux ouvrages sur les monuments et les vitraux. Il « était un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, laissé pour mort après l’assaut des fantassins français, à la baïonnette, contre les mitrailleuses allemandes lors de la bataille de Charleroi, racontait son fils Étienne[1]. Ma mère a d’ailleurs porté le deuil pendant six mois avant qu’il ne réapparaisse… » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1929. Rédacteur en chef du journal depuis 1908 et codirecteur depuis 1921, il en assura la parution jusqu’en 1944 avec son frère Pierre et son autre fils Michel (1914 – 1972), nommé rédacteur en chef en 1941, ce qui leur valut d’être condamnés en 1945. Réfugié en Suisse, Jean fut relaxé en 1951 et rentra en France.

Son fils Étienne (1920 – 2016 ; AHH 8) complétait : « Je suis issu d’une famille, disons, contrastée… » De son côté, en effet, sa mère « était la fille d’un industriel de Louviers, issue d’une famille très catholique », les Miquel. Étienne était cogérant de leur fabrique de drap, qu’il fusionna après la guerre avec un concurrent avant de devenir secrétaire général des laboratoires UPSA. Il suivit en 1942 son oncle Charles Miquel dans le réseau de résistance Alliance, fut arrêté et déporté en 1944, et en tira dès 1945 un livre de témoignage : Survie. Il était commandeur de la Légion d’honneur.

Il avait deux filles, Catherine Perrot et Évelyne Borniche, et deux fils, Bertrand (AHH 426) et Arnaud (AHH 425).

Armes

De gueules à la rivière d’argent accompagnée de trois roues du même (armes parlantes par allusion à une fontaine). Étienne (AHH 8) : idem, à l’écusson du champ brochant chargé d’une croix à cinq doubles branches d’argent (Armorial de l’A.H.H., n° 10, 15 octobre 1969).

Bulletin de l’AHH, n° 59, 2018.

[1] Le Déporté pour la liberté, revue de l’Union nationale des associations de déportés internés et familles de disparus-Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance, n° 571, avril 2012, p. 4-10..

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