Cette famille gasconne devint languedocienne au xviie siècle en s’installant dans le Haut-Languedoc, et bretonne au xviiie. Elle produisit des lignées de légionnaires consécutifs, parmi lesquels trois polytechniciens et plusieurs entrepreneurs, comptant jusqu’à cinq générations mais tombées en quenouille en 1996.

Les deux premiers légionnaires, Louis (1757 – 1827) et Achille (1794 – 1867), finirent tous deux leurs carrières de magistrats comme commissaires rapporteurs près le tribunal maritime de Lorient. Le troisième, Charles (1823 – 1883), fut le premier polytechnicien de sa famille, ingénieur des ponts et chaussées puis directeur des Chemins de fer Paris-Orléans. Il épousa la fille d’un commissaire général de la marine, dont il eut deux filles et six fils : Louis (1850 – 1871) et Paul (1855 – 1908), restés célibataires, et quatre fils légionnaires à la quatrième génération.

Le premier fils légionnaire, Henri (1851 – 1917), polytechnicien et ingénieur puis administrateur des manufactures de l’État, dirigea ensuite la Société chimique des usines du Rhône et la Société normande de produits chimiques. Il eut deux fils : Henry (1884 – 1958) et Raymond (1885 – 1940). Celui-ci, cinquième légionnaire consécutif, administrateur-directeur de la Société des usines chimiques Rhône-Poulenc, créa notamment l’industrie française des acides formique, lactique et oxalique et du verre de sécurité. Son fils Charles-Henry (1922 – 1996), politologue, fut le dernier descendant agnatique de Charles.

Le deuxième, Alphonse (1853 – 1928), finit sa carrière d’officier de marine comme capitaine de frégate. Son fils Louis (1883 – 1968), industriel, eut deux filles et deux fils, Jacques (1920 – 1944) et Paul (1923 – 1944), tous deux agents de liaison des Forces françaises de l’intérieur et morts pour la France en se livrant aux Allemands pour faire diversion d’un groupe de parachutistes.

Le troisième, Albert (1857 – 1933), saint-cyrien, officier d’infanterie décoré de la croix de guerre 1914-1918, prit sa retraite comme chef de bataillon. Il eut trois filles, parmi lesquelles notre consœur, Mlle Anne-Marie Sévène (1884 – 1975 ; AHH 54), journaliste et infirmière de la Croix-Rouge française, secrétaire générale du Colis aux armées puis du Colis aux prisonniers de 1939 à 1942, cinquième légionnaire consécutive.

Le dernier, Raymond (1861 – 1938), polytechnicien, inspecteur général de la Banque de France, réorganisa la succursale de la Martinique et fut directeur des titres à la Banque de France.

Armes : d’azur à la bande d’or chargée de trois roses de gueules, accompagnée en chef d’une croix de Toulouse et en pointe d’une fleur de lis, le tout d’or.

Bulletin de l’AHH, n° 63, 2022.

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