Coste

Cette famille languedocienne est originaire du mas de Coste à Cannes-et-Clairan (Gard), où elle suit sa filiation depuis 1366. Devenue protestante, elle produisit des lignées de polytechniciens légionnaires comptant jusqu’à quatre générations.

Le premier est Gustave (1830 – 1918), grand officier de la Légion d’honneur. Officier du génie, il part de 1854 à 1856 en Crimée, où il est blessé, et en 1859 en Italie, comme aide de camp du général Frossard. De retour, le capitaine Coste est affecté à Paris. En 1865, il rejoint le 3e génie à Montpellier, puis à nouveau le général Frossard, qu’il accompagne en inspection sur les frontières du Nord et de l’Est (1867 – 1870). En 1870, le commandant Coste est nommé à Tlemcen. Rappelé dans l’armée de Bourbaki, rejetée en Suisse, Gustave Coste ne parlait jamais de cette période douloureuse de notre histoire, ni du procès de Bazaine dont il avait été rapporteur. Il commande Polytechnique en 1884 et 1885 et la place de Paris en 1893 comme général de division. Retraité en 1895, il alterne entre Paris et le mas de Coste. Lui et Marguerite de Billy (1835 – 1919), épousée en 1856, ont montré leur attachement à l’Église réformée par la construction et la donation du « presbytère de Cannes », accompagné pour son entretien d’une dotation en argent suisse qui existe encore.

Le dernier de leurs quatre enfants, Émile (1864 – 1945), fut major de Polytechnique (1883), ingénieur au corps des mines et commandeur de la Légion d’honneur. Après des débuts à Rodez, il dirige et modernise l’exploitation des mines de l’arrondissement de Saint-Étienne (1891) puis de Blanzy (1900). En 1914, il est envoyé comme conseiller technique au Maroc puis appelé à la manufacture d’armes de Saint-Étienne, et nommé en 1917 directeur général des mines de charbon des régions non occupées. En 1918, il étudie l’intégration des mines de fer de la Moselle dans l’économie sidérurgique française. En 1919, il devient directeur des mines d’Alsace et de Lorraine. En 1923, il préside la commission de contrôle des livraisons de charbon allemand prévues par le traité de Versailles. Il quitte la Ruhr extrêmement fatigué, et, après quelques années d’inspection, se retire en 1929 au mas de Coste. Marié en 1893 à Juliette Bovet (1872 – 1958), il eut six enfants, dont deux légionnaires.

L’aîné, Daniel (1898 – 1983), officier d’artillerie à Verdun, intégre Polytechnique en 1919 et sort ingénieur du génie maritime. Il dirige des sociétés à Brest, Lyon et Paris. Il était officier de la Légion d’honneur. Marié en 1923 avec Inès d’Eichthal, fille d’une Mirabaud, il eut trois enfants, parmi lesquels Béatrice, veuve de notre confrère Jean Schlumberger, officier de la Légion d’honneur.

Le dernier, Philippe (1904 – 1974), polytechnicien (1922), ingénieur au corps des mines, commandeur de la Légion d’honneur, débute à Clermont-Ferrand puis Saint Étienne, intègre le cabinet du ministre de l’industrie (1935), et entre à Saint-Gobain (1937), dont il devient directeur des produits chimiques (1942). Mobilisé comme artilleur en 1940, directeur de l’industrie dans la zone française occupée (1945 – 1946), il dirige en 1947 la société Le Nickel. De 1961 à 1963, il bâtit les usines chimiques de Pierrelatte. Devenu aussi directeur général de la Société centrale d’uranium et de minerais et métaux radioactifs (1966), il constitue la COMURHEX par rapprochement entre les usines de Malvési et de Pierrelatte. Il décède à Nairobi l’année même de sa retraite au cours d’une mission pour cette société. Marié en 1928 à Georgette Seydoux (1906 – 1995), il eut six enfants, dont deux légionnaires.

Notre confrère Hubert (1932) est officier de marine (1955) notamment à Suez, puis administrateur de l’INSEE (1957), économiste à l’ONU (1964) et à la direction de la prévision (1966), statisticien aux douanes (1971), rapporteur à la Cour des comptes (1974) et rapporteur général du comité chargé de mettre en place le système d’identification des entreprises SIRENE (1974). Inspecteur général de l’INSEE (1976), il est encore rapporteur général des comités chargés de la mise en place, du suivi et de l’informatisation du système de centres de formalités des entreprises (1981), et chargé de diverses missions à la Cour des comptes et à l’INSEE (1990 – 2000). Il a trois enfants de son premier mariage avec Noëlle Perrot en 1957 et deux du second avec Michèle Créteau en 1988.

Lui et son frère Thierry (1942), polytechnicien (1961), ingénieur au corps des mines, sont chevaliers de la Légion d’honneur.

Bulletin de l’AHH, n° 54, 2012.

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