Témoignages sur les circonstances tragiques de la mort du capitaine héroïque Pierre Leroy-Beaulieu

Le chef d’escadron Brosse, commandant le groupe de 90, à Mme Leroy-Beaulieu, le 28 janvier 1915

Il est vrai que le capitaine Leroy-Beaulieu a disparu au cours du combat du 13 janvier. Les Allemands, ayant enfoncé la première ligne de tranchées, ont surpris les batteries que l’infanterie ne couvrait plus. Par suite de la position, elles étaient impuissantes à se défendre seules, et l’ordre d’évacuation fut donné. Le capitaine Leroy-Beaulieu donna lui-même les ordres d’exécution et présida à la mise hors d’usage des canons. Il fit descendre ses hommes en disant à l’adjudant qu’il passait à son domicile pour prendre ses chevaux et qu’il rejoindrait le détachement. On ne l’a plus revu. Je ne crois pas qu’il ait pu prendre une détermination tragique. Ses hommes n’ont pas fui ; ils sont partis parce que l’ordre a été donné de battre en retraite en enlevant les culasses. C’était d’ailleurs une éventualité prévue d’avance, même dans des ordres imprimés, et dont nous nous étions souvent entretenus car notre situation était de plus en plus périlleuse. Jamais il n’a manifesté à ce sujet la moindre révolte. Il critiquait les dispositions prises et s’élevait avec sa vivacité ordinaire contre une situation qui avait de grandes chances d’amener les conséquences qu’elle a eues en effet, mais il ne semblait pas disposé à assumer personnellement la moindre responsabilité à ce sujet. Dans ce malheureux combat du 13 janvier, tout le monde a fait son devoir. Au commandant ressort la responsabilité de ce qui s’est passé, ses intentions l’ayant conduit à faire occuper le terrain dans des conditions où le repli de l’artillerie était à peu près impossible.

Je suis convaincu que le capitaine Leroy-Beaulieu a été blessé au moment où il suivait ses hommes et qu’il n’a pu suivre leur mouvement. Le malheur est qu’ayant fait connaître son intention de faire un détour, son absence n’a été remarquée que beaucoup plus tard.

Je me trouvais à Bucy, où était mon poste de commandement ; le personnel de la batterie est arrivé en bon ordre, conduit par l’adjudant Walter, qui a rendu compte des instructions données par le capitaine. À ce moment, il ne restait pas un fantassin à Bucy et l’on venait de signaler la présence d’Allemands dans la plaine, en vue des premières maisons. J’ai donné l’ordre à la colonne de se mettre en route, comptant que le capitaine Leroy-Beaulieu passerait au poste de commandement. Je suis encore resté une heure à Bucy ; les Allemands, craignant sans doute une embuscade, étaient remontés au-dessus du Montcel. N’ayant pas vu le capitaine et sachant qu’il partait à cheval, j’ai pensé qu’il avait rejoint. Ce n’est que dans la soirée, lorsque, m’étant mis à la recherche des éléments épars, je pus me rendre compte qu’il n’avait été vu par personne, et je commençais à être inquiet. Nous retournâmes à Bucy à 11 heures du soir et j’envoyai une reconnaissance au domicile du capitaine au Montcel. Là, on trouva son ordonnance, le nommé Salmon, qui tenait les chevaux sellés et prêts à partir. Il n’avait pas vu le capitaine depuis le matin et refusait de quitter le cantonnement, ne voulant pas partir sans son capitaine. Le village du Montcel était inoccupé, mais des pentes du ravin partait une fusillade intense. Il était impossible d’aller jusqu’à l’emplacement de la batterie occupée par les Allemands, et il fallut revenir… De toutes les conséquences qu’entraînaient cette malheureuse affaire du 13 janvier, la disparition du capitaine Leroy-Beaulieu a été pour moi la plus cruelle…

Le 14 au matin, après avoir demandé partout si l’on n’avait vu le capitaine Leroy-Beaulieu, il ne m’est plus resté d’espoir de le retrouver…

Veuillez agréer, Madame…

Récit fait par les infirmiers Bouttier, Lucien Serta et le sergent Marquis, du 152e régiment d’infanterie, section hors rang (en réalité, 352e régiment formé à la mobilisation, issu du 152)

Nous étions prisonniers depuis environ une demi-heure le 13 janvier 1915, nous étions les infirmiers du poste de secours du Montcel, c’était celui de la batterie du capitaine Leroy-Beaulieu. Vers 1 heure, un officier allemand est venu nous trouver : « Si vous voulez sauver un officier français, venez. C’est un brave, il a bien fait son devoir ; il faut aller le chercher, venez avec moi. »

Nous sommes partis, mais Palméro fut blessé à l’épaule. Le feu français était intense ; nous sommes rentrés dans la grotte.

Un quart d’heure après, l’officier allemand est revenu : « Le feu est moins fort, je vous ai dit qu’il faut aller chercher l’officier. » On y est allé. On l’a trouvé derrière une pièce, assis sur le banc de sa batterie, devant l’arbre qui était déchiqueté (ce n’était pas la pièce isolée, mais la batterie). Il était gardé par deux sentinelles allemandes baïonnette au canon. Il avait refusé de les suivre. Il avait un gros caillot sur l’œil droit et beaucoup de sang sur ses vêtements. Il avait sa connaissance.

Quand je suis arrivé, je lui ai dit : « Mon capitaine, voulez-vous venir ? — Qui êtes-vous ? — Français ! — Mais qui êtes-vous ? — Nous sommes les brancardiers du 52e de ligne. Nous venons vous chercher. Venez avec nous, ça bombarde. — Non, laissez-moi, je veux rester à côté de ma pièce »…

Je lui ai fait comprendre que nous étions prisonniers, qu’il n’y avait plus rien à faire. Alors, il a bien voulu. Je l’ai mis sur un brancard. Je l’ai descendu à la grotte, il avait un énorme caillot de sang à l’œil. Bouttier lui avait mis de la teinture d’iode.

« Vous ne l’avez pas lavé ? — Non, ça nous a été défendu parce qu’on n’avait pas les mains propres. — Il a dû beaucoup souffrir quand vous lui avez mis de la teinture d’iode dans l’œil. — Non, c’était sur le caillot. »

Nous avions déjà quelques blessés, on l’a couché sur la paille…

Il avait des moments de délire. Il criait d’une voix brève : « Adjudant Lecocq, venez à moi », ou bien : « Je te dis de finir, et puis viens à table. » Il devait parler à sa fille.

On lui demandait : « Vous êtes bien, mon capitaine ? — Oui, je suis très bien, très bien. » Tout ce qu’il réclamait, c’était une piqûre contre le tétanos.

Vers le soir, des officiers allemands sont venus le féliciter ; il a parlé français et allemand ; c’était presque un défilé. Il en est venu toute la nuit pour lui faire des compliments. On l’a dérangé au moins dix fois. Un officier supérieur, colonel ou général, je ne sais, a voulu lui prendre la main. Il a refusé en parlant allemand ; il a dit : « Je ne donne pas la main à un ennemi. » À la fin, ça l’a énervé. Il a dit : « Et puis, j’en ai assez, fichez-moi la paix. » L’officier a demandé ce qu’il disait, mais on était ennuyé, on n’a pas osé lui répéter. On lui a dit : « Il a le délire, il ne faut pas faire attention… »

Il est venu deux compagnies camper dans la grotte. Les officiers allemands n’ont pas voulu que nous le mettions avec nous. Ils ont dit : « Gardez les soldats, nous gardons les officiers. » Ils nous ont renvoyés dans notre gourbi et ils l’ont gardé.

Au milieu de la nuit, vers 10 heures, le feldwebel est venu nous réveiller : « Capitaine évadé. Pas trouvé. Vous fusillés si vous trouvez pas. » Bouttier, Marquis et moi sommes partis avec quatre Allemands baïonnette au canon, qui nous ont d’abord demandé si la grotte avait deux issues ; on leur a répondu : « Non », sans savoir rien. C’est là qu’ils nous ont dit : « On va explorer la grotte et chercher le capitaine, qu’on ne peut pas arriver à retrouver. » On a cherché avec les torches, mais ce n’est pas commode, dans toutes ces galeries. On appelait partout le capitaine. On n’était pas tranquille, et puis comme on revenait vers l’entrée sans l’avoir trouvé, on se demandait ce qu’ils allaient faire de nous. Mais on a vu deux Allemands qui le ramenaient. Il n’avait plus son manteau. Quand nous l’avons ramassé, il avait son grand manteau. Il l’avait quand je l’avais couché la première fois après son pansement.

C’est là, quand il a été ramené par les Allemands, que nous avons redemandé qu’on le remette avec nous. On a bien voulu. Nous l’avons recouché. Nous l’avons mis entre nous…

Les officiers allemands nous ont raconté qu’il tirait encore le canon quand ils étaient arrivés à le cerner — et qu’alors, voyant qu’il était prisonnier, il a sorti son révolver et il a tiré ; on lui a crié : « Rendez-vous », mais il a tiré deux Boches presque à bout portant, alors, voyant cela, un autre lui a tiré dessus.

Les officiers disaient qu’ils voulaient le faire prisonnier ; ils n’ont pas voulu le tuer. Ils voulaient le prendre vivant. S’il n’avait pas sorti son révolver, ils n’auraient pas tiré. Ils ont dit : mais quand il a eu abattu deux Boches, « on n’a pas pu empêcher les autres de tirer »… Les Allemands avaient fait un mouvement tournant et ils étaient arrivés si vite que nous avions cru que c’étaient les Français ; nous ne les avons pas vus. Notre régiment n’a pas eu le temps de se replier. J’avais vu deux artilleurs partir avec une culasse environ une demi-heure avant que nous soyons faits prisonniers et nous nous sommes dit : « Qu’est-ce qu’ils font ? » On ne savait pas que la 5e batterie était cernée.

Les Allemands, avant d’envahir les tranchées de première ligne de notre régiment, avaient fait un mouvement tournant.

Deux jours après, le pasteur de Nanteuil-la-Fosse m’a demandé : « Quelle est la distinction la plus honorifique qu’on donne aux officiers en France ? — De lieutenant et capitaine à colonel, c’est la Légion d’honneur. Pour les généraux, c’est la médaille militaire. » Le pasteur a répondu : « Il a mérité les deux. »

Témoignages du docteur Geissler, médecin-chef de l’ambulance allemande

Le 19 janvier 1915, le docteur Geissler, médecin-chef de l’ambulance allemande n° 3, IIIe corps d’armée, adresse à Mme Pierre Leroy-Beaulieu cette lettre (traduction) :

Anizy-le-Château, le 19 janvier 1915.

Très Honorée Madame,

C’est avec l’expression de la plus profonde condoléance que j’ai l’honneur de vous faire part que monsieur votre mari, capitaine d’un groupe de territoriale du 9e d’artillerie, est mort avant-hier, dans mon ambulance, des suites d’une grave blessure à la tête. Ainsi qu’il m’a été rapporté, il a été blessé en combattant avec la bravoure d’un héros.

Après tous ses servants, il a servi encore lui-même sa pièce. Quand il fut obligé de cesser, il continua à se défendre avec son révolver à la main jusqu’à ce qu’une balle, qui pénétra dans la tempe droite en endommageant l’œil, l’eût atteint.

Il a été blessé le 13 janvier. La blessure était si grave qu’il a perdu immédiatement connaissance et ne l’a plus retrouvée jusqu’à sa mort, qui a été sans souffrance et douce. L’enterrement a eu lieu aujourd’hui dans notre cimetière de militaires, avec les honneurs militaires en présence d’officiers et de soldats allemands.

Sa tombe a été ornée d’une croix et est reconnaissable par le n° 76. La bénédiction a été donnée par le prêtre catholique de la division de notre corps d’armée. Je m’incline profondément et plein d’admiration devant la vaillance de ce camarade combattant héroïquement, jusqu’à la dernière extrémité pour sa patrie.

Ce m’est en même temps une douleur que notre science médicale, qui, bien entendu, a tout fait pour lui venir en aide, n’ait pu réussir à conserver cette vie si précieuse pour les siens.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de ma plus haute considération. Que Dieu vous console, vous et vos enfants.

Docteur Geissler
Stabsarzt (« médecin-capitaine »)
et médecin-chef de l’ambulance n° 3, IIIe corps d’armée.

Mme Pierre Leroy-Beaulieu, en retour de cette lettre du médecin, le docteur Geissler, l’avait remercié et lui avait demandé quelques renseignements complémentaires concernant la mort de son mari. Sans attendre, il lui adressa un nouveau courrier circonstancié.

Madame,

Vos lignes du 17 février me sont parvenues. Ce m’est une joie de reconnaître dans votre lettre une très grande et vaillante femme.

D’après votre demande, je vous donne ci-après, autant que cela m’est possible et que je l’ai appris, les renseignements concernant les derniers événements de la vie de monsieur votre mari.

1° Votre mari décéda le 17 janvier, le matin à 8 heures et demie. Une sœur était à son chevet et lui ferma les yeux.

2° Comme je l’ai appris dans le discours de l’aumônier de la Ve division d’infanterie, M. l’abbé Hour, lorsque votre mari fut retrouvé et remis à une ambulance, il avait encore sa connaissance et il a prononcé quelques mots. Je n’ai appris cela que pendant l’inhumation quand la lettre que je vous adressais venait de partir. Je n’ai pu savoir ce qu’il a dit. Peut-être l’aumônier pourrait-il vous renseigner en s’adressant directement à lui, adresse (Ve division d’infanterie, IIIe armée).

3° L’endroit où il reçut sa blessure est le versant du Montcel. Mais on ne peut préciser quelle arme l’occasionna. On comprend très bien, en réfléchissant, avec quelle vitesse les événements se déroulent et comment aussi une partie des souvenirs s’évanouit tandis que d’autres s’élèvent à la fantaisie.

Près de la pièce, quelques soldats doivent être tombés ; on ne peut savoir si c’étaient des artilleurs ou d’autres soldats appartenant à d’autres troupes. Une pièce peut être très bien servie par un seul homme. Mais votre mari dut cesser le feu parce que les munitions manquaient. Je n’ai pu savoir si les servants furent faits prisonniers, ni comment ils s’appelaient ; cela vous sera possible après la guerre, sinon déjà à présent, par les communications ou rapports des troupes ayant pris part à l’action.

4° Votre mari s’est vaillamment défendu, mais on ne peut savoir s’il a tué ou blessé des adversaires. D’après toutes les probabilités, un combat d’arrière a eu lieu. La balle qui a blessé votre mari entra dans la tempe droite et ressortit par l’œil droit. Naturellement, la trépanation fut faite, car chacun de nos lazarets de campagne est, par le personnel et le matériel, installé de façon à pourvoir à tous les événements, même les plus considérables. Le jour de l’opération, le 14 janvier, au soir, nous avions même deux médecins-chirurgiens avec nous qui venaient du commandement général.

5° Le transport eut lieu à 1 heure de l’après-midi. Il fut d’abord amené à la place principale des pansements ; puis dans un autre lazaret de campagne et, de là, conduit chez moi, parce que j’étais pourvu de l’installation Röntgen nécessaire.

Avant l’opération, une radiographie de la tête fut prise. Vous voyez donc, Madame, que, de notre côté, tout ce qu’il a été possible de faire pour sauver ou venir en aide l’a été, quoique nous ayons eu, dès l’abord, l’impression que nous étions en face d’une blessure extraordinairement grave.

Je me permets de vous assurer que nos soldats se sont conduits avec la plus haute humanité envers les blessés, non seulement près de Soissons, mais je possède en grand nombre des certificats établissant qu’ailleurs, il en a été absolument de même. Nos soldats allemands, notre peuple allemand ne sont pas capables d’une telle barbarie comme celle qu’a montrée la populace de Reims envers nos braves soldats blessés. Je vous suis sincèrement reconnaissant de cette communication ; Dieu récompensera l’héroïque curé de son intervention.

Je connais la guerre depuis le commencement, et à ma profonde douleur, il m’a été donné de voir les horreurs dont le peuple belge s’est rendu coupable. Des camarades chers furent tués par la population civile. Des femmes s’oublièrent assez pour oser tirer de leurs maisons sur nos soldats. Les habitants de la France n’ont heureusement pas à se reprocher de pareils crimes. C’est pourquoi notre soldat partage avec eux ce qu’il peut économiser, il garde les enfants, joue avec eux. Moi-même, j’ai plusieurs fois fait distribuer à des enfants nécessiteux ce qui nous restait. Celui qui s’est consacré réellement au but élevé de la Croix-Rouge, tel qu’Henri Dunant[1] l’a rêvé, celui-là souffre profondément d’entendre combien souvent la convention de Genève[2] est repoussée. J’en ai appris assez par les honorables médecins allemands amis de la vérité.

C’est pourquoi je vous remercie sincèrement, Madame, d’avoir ainsi soigné affectueusement et accueilli nos chers blessés allemands.

J’ai préparé durant de longues années des femmes et des filles allemandes à la grande tâche des soins aux blessés en vue d’une guerre à venir. Le premier point de mon enseignement a toujours été de soigner également amis et ennemis. Je sais par expérience que mes anciennes élèves ont suivi mes conseils, que la semence est tombée en bon terrain.

Vous m’avez fait écrire en allemand ; Madame, si vous voulez répondre à ces lignes, cela ne me dérangera en aucune façon que ce soit en français, car je lis assez couramment le français.

Vous apprendrez sûrement et au mieux des nouvelles du lieutenant Félix Bertrand par le moyen du Comité central des sociétés allemandes de la Croix-Rouge, Berlin S.W. 11 Abgeordnetenhaus (« chambre des députés »).

Je vous remercie sincèrement de la conclusion de votre lettre et de ses termes si honorables pour moi ; ils honorent dans la même mesure la femme qui les a écrits et celui qui a fait siens les buts élevés de la Croix-Rouge.

Je vous assure, Madame, de ma haute considération, et vous prie de saluer vos enfants privés si jeunes de leur père. Je suis votre très dévoué,

Docteur Geissler
Médecin d’état-major et chirurgien,
lazaret de campagne n° 3, IIIe corps d’armée.

Témoignage de l’adjudant Walter, de la 1re batterie de 90, secteur postal 76, à Mme Leroy-Beaulieu

28 janvier 1915.

Madame,

Je reçois à l’instant votre lettre et m’empresse de vous faire part de tout ce que je peux savoir au sujet de la disparition de votre mari.

Je suis absolument confus des remerciements que vous m’adressez. Je n’ai en somme fait que mon devoir strict, et tout le monde à ma place vraiment en eut fait autant. Je regrette vivement de n’avoir pu recueillir d’indices précis permettant d’émettre une conclusion nette. Néanmoins, j’espère et je crois que votre mari doit être blessé et prisonnier. Voici d’ailleurs le récit des dernières phases de combat.

Lorsque nous fûmes débordés par l’infanterie ennemie et que nous reçûmes l’ordre de tenir jusqu’au bout, je me trouvais à la batterie avec votre mari. Il fit preuve du plus grand calme et du plus grand sang-froid, inspirant aux hommes une confiance absolue et le plus profond mépris du danger. Nous tirâmes notre dernière gargousse et lorsque l’ennemi fut à 200 mètres à peine de nos pièces, nous enlevâmes nos culasses et rendîmes nos pièces inutilisables. Il était environ 2 heures de l’après-midi.

À ce moment, le capitaine Leroy-Beaulieu me donna l’ordre de faire replier le personnel de la batterie sur Bucy, tandis que lui-même devait passer chez lui prendre ses affaires et retrouver son ordonnance, qui avait ordre de l’attendre avec ses deux chevaux sellés.

Nous descendîmes alors de la batterie en utilisant le plus possible les accidents de terrain pour nous abriter ; j’étais l’avant-dernier, votre mari était le dernier. Chacun de nous se dirigea vers son cantonnement respectif. Je n’ai plus revu mon capitaine.

Un de mes hommes m’a affirmé l’avoir vu remonter dans la direction de la batterie. Avait-il oublié quelque chose ? Sa jumelle ? Peut-être, ou voulait-il se rendre compte une dernière fois de la situation ?

J’espère bien qu’il nous le dira lui-même plus tard, car, je vous le répète, mon intime conviction est qu’il a dû être blessé et ensuite fait prisonnier. S’il avait été frappé mortellement, les Allemands, à mon avis, l’auraient laissé où il était tombé et les tirailleurs qui sont passés là l’auraient trouvé. Or, je les ai interrogés et ils n’ont rien vu dans la batterie, ni dans les environs.

De plus, ce qui peut également me donner quelque confiance, c’est que les Allemands qui nous étaient opposés se sont montrés très humains envers les blessés. Je tiens ce renseignement de fantassins français blessés qui n’ont pas été inquiétés et que leur médecin-major a pu ramener sous la protection de l’ennemi.

Lorsque je suis retourné, le soir, au combat, accompagné du maréchal des logis Cantinau, du brigadier Bladier et du canonnier Marcilleau, nous n’avons pas pu parvenir jusqu’à la batterie, qui était alors occupée par les Allemands. Nous n’avons pas trouvé trace de votre mari. Donc, tout me porte à croire qu’il a été blessé et emporté par des brancardiers allemands. Grâce à la parfaite connaissance qu’il avait de la langue de nos ennemis (nous nous sommes parfois entretenus en allemand et avons causé de Krenznach), il aura, je suppose, des facilités pour être soigné convenablement et on aura sans doute des égards spéciaux pour lui eu égard à sa personnalité bien connue.

C’est en tous cas avec une profonde émotion que j’ai dû évacuer Bucy avec mes hommes après avoir vainement attendu notre capitaine. Tous, nous regrettons un chef qui avait su se faire apprécier de tous, sa bravoure et sa connaissance parfaite des finesses de notre arme. Il était universellement regardé comme un officier de valeur et avait les meilleures relations avec ses camarades.

Pour ma part, je lui étais particulièrement attaché : d’abord, il était « mon capitaine », titre qui signifie bien des choses en temps de guerre ; de plus, je ne sais si vous le saviez, mon père fut le professeur de votre mari à l’École d’application de Fontainebleau ; nos rapports, par suite, furent empreints, dès le premier moment, de la plus grande cordialité.

Je vais m’occuper de vous faire parvenir les cantines, et les différentes affaires appartenant à votre mari. Mais pour cela, je dois m’adresser au commandant de Brosse, car il doit y avoir quelques formalités à remplir. Sa culotte lui était bien parvenue, ainsi que l’iode. À ce propos, la batterie ne dispose que d’une très petite quantité de ce médicament, ainsi que de sérum antitétanique ; s’il vous était loisible de nous en procurer, nous vous en serions très reconnaissants.

Son ordonnance est César Salmon. Il est marié, a perdu au mois de juin dernier un garçon de 9 ans. Sa femme demeure à Saint-Dié, 5 rue des Jointures. C’est un très brave homme, que j’avais recommandé et présenté moi-même à votre mari.

Voici, Madame, tout ce que je puis savoir. J’ai donné votre adresse à l’ordonnance Salmon, qui vous écrira lui-même, ainsi que vous en avez manifesté le désir.

Son ordonnance m’a remis une somme de 300 francs en or (15 louis) que je vous ferai parvenir après avoir rendu compte au commandant de Brosse.

Veuillez croire, Madame, que je prends une grande part à votre chagrin et à l’angoisse que vous éprouvez, car ma famille a été durement éprouvée pendant cette campagne. Je compte 21 tués, blessés ou disparus depuis le commencement des hostilités.

Veuillez agréer, Madame, mes hommages très respectueux.

Léon Walter.

Un souvenir d’enfance et de fidélité patriotique

Pierre Gourmain, notre conseiller général dans les années 1950[3], évoquait en quelques lignes dans le bulletin d’informations de la Légion d’honneur, le capitaine Leroy-Beaulieu.

Dans les premiers jours de septembre 1914, un jeune garçon de 7 ans, plongé dans la guerre, voit passer les troupes françaises rescapées de la défaite de Charleroi, qui avait été suivie, on l’ignore souvent, d’une vigoureuse contre-attaque, menée par le général Lanzerac, dans la région entre Guise et Saint-Quentin, les 29 et 30 août.

Elles sont poursuivies par les troupes allemandes, des petits combats retardateurs sont héroïquement livrés aux ponts de passage de la rivière Aisne, mais les Allemands courent vers la Marne. Une importante formation de « hussards de la mort » traverse fièrement le petit bourg de notre gamin.

Mais les 12 et 13 septembre, von Klück, battu sur la Marne, retraite en désordre. Les mêmes uhlans repassent dans le bourg, fatigués, débandés… Les troupes anglaises de Douglas Haig les poursuivent, souvent de très près, et s’arrêtent au bord sud du plateau du Chemin des Dames. Cette situation dure jusqu’au début novembre, après la relève des Anglais par les Français de Maunoury.

Après trois jours de bombardement, les Allemands attaquent et reprennent la ville.

Ils en évacuent les habitants restants à Anizy-le-Château ; notre gamin fait la route, 15 kilomètres, de nuit, tantôt à pied, tantôt juché sur un cheval !

Un jour de janvier 1915, il a 7 ans et demi, sa mère l’emmène assister, à la chapelle du château d’Anizy, propriété de la famille d’Aramon, aux obsèques d’un capitaine d’artillerie, décédé de ses blessures, après avoir été capturé par les Allemands. Il s’agissait du capitaine Pierre Leroy-Beaulieu, du 9e d’artillerie.

Les Allemands, après un service religieux, lui rendirent les honneurs militaires et un officier prononça, en français, une émouvante allocution. Notre petit garçon en fut très impressionné et, malgré son jeune âge, se souvient toujours du nom du capitaine.

Soixante-dix ans plus tard, le 16 janvier 1985, un journal local publie un avis de messe célébrée à la mémoire de membres de la famille Leroy-Beaulieu ! Notre petit garçon est âgé maintenant de 78 ans, mais il se souvient toujours. Il écrit au journal, lui demande l’adresse ou, à défaut, de transmettre sa lettre, mais ne reçoit aucune réponse.

Certains hommes sont têtus ; les faits aussi, paraît-il ? En août 1988 ont lieu les « Jeux Intervilles » à la télé, les maires des villes y assistent, l’un d’eux, maire d’Agde, est nommé : M. Leroy-Beaulieu. Déclic chez notre septuagénaire, devenu entre-temps capitaine de réserve, ancien prisonnier, maire, conseiller général et vice-président de cette assemblée, chevalier de la Légion d’honneur, qui écrit au maire d’Agde !

Pierre Gourmain poursuit :

Ainsi qu’il ressort de l’encadré ci-contre [l’auteur rappelle dans son mémoire les légionnaires de la famille], trois de ses fils et l’un de ses petits-fils ont été admis dans l’ordre de la Légion d’honneur, parmi lesquels son dernier fils, Marc, lieutenant au 3e régiment d’automitrailleuses de cavalerie, tombe au champ d’honneur le 16 mai 1940 à Dizy-le-Gros (Aisne), célèbre bataille de Montcornet avec De Gaulle.

Polytechnicien, homme d’une rare érudition, Pierre Leroy-Beaulieu laissa une œuvre d’une portée considérable, auquel rendit hommage en 1924 L’Anthologie des écrivains morts à la guerre de 1914-1918, publiée par l’Association des écrivains combattants[4].

Quelle leçon tirer de cette belle histoire ? D’abord que le souvenir peut être impérissable, quand le genre d’éducation favorise la fidélité à un souvenir particulièrement émouvant et le respect de solides vertus humaines, dont le patriotisme n’est pas la moindre.

 

[1] Jean Henri Dunant, l’homme de la bataille de Solférino en 1859, est né à Genève en 1828. Il comprend lors de cette bataille le besoin de venir en aide et de soigner les militaires blessés. Il est le père fondateur de cet organisme international et reçoit en 1901 le prix Nobel de la paix. En 1859, il avait pris la nationalité française. Il est mort à Heiden (Suisse) en 1910.

[2] Première convention de Genève, 1864.

[3] Pierre Gourmain (Vailly-sur-Aisne, 7 juin 1907 – Reims, 31 mars 1992), maire de sa ville natale de 1971 à 1977, a été conseiller général du canton de Vailly-sur-Aisne pendant trente ans de 1949 — il succède à Hervé Delcelier — à 1979, où il connaît la défaveur du scrutin, battu par Raymond Sudolski. Il était capitaine de réserve, prisonnier durant la guerre de 1940, chevalier de la Légion d’honneur, membre de la 6e commission au conseil général (bâtiments départementaux et reconstruction).

[4] L’Anthologie des écrivains morts à la guerre (1914-1918), Bibliothèque du Hérisson, Edgar Malfère, Amiens, 1924. Cette anthologie a été publiée sous le patronage de M. le Président de la République, de M. le président du Conseil des ministres et de MM. les membres du gouvernement, de la Société des gens de lettres, de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique de France. L’hommage pour Pierre Leroy-Beaulieu : tome Ier, p. 409 à 413, par Pierre Masson.

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Deuxième rencontre de l’AHH en Provence-Alpes-Côte-d’Azur

C’est dans le pays de Grasse que s’est tenue le samedi 8 octobre 2016, sur proposition de Jean-Louis Matout, la deuxième rencontre de l’antenne méditerranéenne de l’AHH. Pour mémoire, la première avait eu lieu sept mois plus tôt à Toulon, dans le cadre exceptionnel du Musée national de la marine.

Rendez-vous était donné aux membres de l’AHH, à leur conjoint et à leurs invités aux jardins du Musée international de la parfumerie (MIP), où tout commença par une réunion présidée par l’amiral Benoît Chomel de Jarnieu : au programme, les objectifs des rencontres de l’AHH, une présentation des membres présents et de leurs accompagnateurs, les récits des parcours et actes remarquables des membres de chaque famille, puis échanges sur les valeurs qui nous rassemblent.

La journée fut ensuite consacrée à la visite guidée des jardins du MIP par le jardinier en chef, puis celle du musée lui-même, où nous avons été accueillis par le conservateur en chef des musées de Grasse.

Entre ces deux visites très appréciées, les participants ont été invités à déguster, en plein air en ce jour ensoleillé de début d’automne, au milieu des fleurs et autres plantes à parfums de ce site privilégié de la campagne grassoise, un délicieux panier pique-nique préparé à leur intention par Yves Terrillon, le célèbre chef de La Cuisine des fleurs, à base de capucine, de citronnelle, de lilas, de lavande et de coquelicot.

Certes, nous n’étions guère nombreux, mais la convivialité était au rendez-vous.

Rendez-vous fut donné pour la 3e rencontre de l’AHH en Provence-Alpes-Côte-d’Azur au printemps 2017, à Avignon, Marseille ou Aix-en-Provence… N’hésitez pas à formuler des propositions d’escapades !

Benoît Chomel de Jarnieu.

Rappel à l’ordre

C’est sous ce titre que, dans la rubrique « Le bon français », Maurice Druon, de l’Académie française, rappelle :

On confond être reçu dans un ordre et être membre de cet ordre.

Je ne puis que recommander aux nouveaux décorés de se contenter d’être chevaliers de la Légion d’honneur, comme il en va depuis Napoléon, ou officier de l’ordre national du Mérite, comme il en va depuis De Gaulle.

Il n’y a rien là que de conforme aux appellations anciennes : chevalier du Saint-Esprit ou chevalier de Saint-Louis.

Et Maurice Druon de poursuivre :

Aujourd’hui, le brevet remis par la Grande Chancellerie au récipiendaire désigne celui-ci comme chevalier, officier, etc. de la Légion d’honneur. Et la formule rituelle que prononce le parrain du décoré, avant de lui épingler sa croix ou de lui nouer sa cravate, n’est-elle pas : « Au nom (…), nous vous faisons officier, commandeur de la Légion d’honneur » ? J’oserai rappeler aussi que les chevaliers sont nommés, les officiers et commandeurs promus (à ces grades), les grands officiers et grands-croix élevés (…) à ces dignités. C’est tellement plus simple de connaître les justes expressions et de les employer sans fioritures ! Cela s’appelle respecter le bon ordre des choses.

Rappelons aussi que, à la création de l’Ordre, l’insigne en était nommé « étoile », puisqu’il a cinq branches, et que, lors des premières remises, l’Empereur le remettait de la main à la main.

Familles admises comptant trois légionnaires consécutifs

L’AHH a déjà admis plus de 500 familles comptant trois légionnaires consécutifs.

Quelques-unes ont fait l’objet d’une notice dans le Bulletin de l’AHH, principalement dans sa rubrique « L’Honneur de servir », mise en ligne ci-dessous. Cette rubrique constitue un cadre général — plutôt que des règles strictes de rédaction, afin de permettre à chaque famille d’exprimer une certaine singularité. Le style du genre appelle des faits et des dates, sans évaluation ni jugement. Il ne s’agit pas d’une généalogie mais d’une présentation synthétique de la famille, axée essentiellement sur la lignée directe de légionnaires. La notice imprimée au format du bulletin doit compter une demi-page à une page au maximum — certes sous réserve du nombre de légionnaires.

 

  1. d'Aboville
  2. d’Albis
  3. Allard
  4. Allart
  5. Amanrich, Raphaël-Amanrich et Legrand
  6. Amson
  7. André
  8. Andrieux
  9. d'Arbonneau
  10. Arnault de La Ménardière
  11. Arnoulx de Pirey
  12. Arvengas
  13. d’Astorg
  14. Aube
  15. Aubert (1)
  16. Aubert (2)
  17. Audemard d'Alançon
  18. Augarde
  19. Aulagnier
  20. Avignon
  21. d’Avout d’Auerstaedt
  22. Bapst
  23. Barba
  24. Barbey
  25. Barbié et Barbié de Préaudeau
  26. Barois
  27. Baron
  28. Barral
  29. Barrillon
  30. Barth
  31. de Bary
  32. Bassac
  33. Bataillon-Debès
  34. Baucheron de Boissoudy
  35. Baudart
  36. Baudot
  37. Baulier
  38. Beguin-Billecocq
  39. de Belenet
  40. Belgodère
  41. Belin
  42. Benâtre
  43. de Benoist
  44. Benoît de Nyvenheim
  45. Bény
  46. Bérenger
  47. Berge
  48. Berger de Nomazy
  49. Bergeron de Charon
  50. Bernard
  51. Bertaux
  52. Bésineau
  53. Besnier
  54. Besse
  55. Billecocq
  56. Biswang
  57. Blanc
  58. Blanchard
  59. Blanchard-Farges
  60. Blumenthal
  61. Bohineust
  62. Boisot
  63. Bollet
  64. Bommier
  65. Bonafous
  66. Bonavita
  67. Bondet de La Bernardie
  68. Bonnaire
  69. Bonnin de Fraysseix
  70. Borel de Bretizel
  71. Boss
  72. Boucher
  73. Bouchet
  74. du Bouëxic de Guichen
  75. Bourdeau
  76. Bourdila
  77. de Boysson
  78. Bréant
  79. Bréguet
  80. de Brem
  81. Brézet
  82. Britsch
  83. Brugère
  84. Brun
  85. Brunet
  86. Bruzeau
  87. Budan de Russé
  88. Buquin
  89. Buttin
  90. Cahart
  91. Camus
  92. Careil
  93. Carli
  94. Carnot
  95. Caron
  96. Casal
  97. Castillon
  98. Cayatte
  99. de Chabannes-Curton-La Palice
  100. Chailley
  101. Chalmin
  102. Chaperon
  103. de Chappedelaine
  104. Chaptal de Chanteloup
  105. Chardiny
  106. Charpy
  107. Charton
  108. Chateauminois
  109. Chauffert-Yvart
  110. du Chaxel d'Henriville
  111. Chevalier de Lauzières
  112. Chevreau
  113. Chomel de Jarnieu
  114. Choppin Haudry de Janvry
  115. Clavel
  116. Clément
  117. de Clercq
  118. de Clermont-Tonnerre
  119. Clouët des Pesruches
  120. Collas
  121. Collet
  122. Colonna de Giovellina
  123. Colonna-Walewski
  124. Comby
  125. Compagnon
  126. Cossé
  127. de Cossé de Brissac
  128. Coste
  129. Coulanges
  130. Coureaud
  131. Coze
  132. de Crépy
  133. Crivelli
  134. Croiset
  135. Croissandeau
  136. Curet
  137. Cyvoct
  138. Dagain
  139. Dagonet
  140. Dagorn
  141. Dard
  142. Dassault
  143. Datcharry
  144. Daubian-Delisle
  145. Dautheville-Guibal
  146. Déal
  147. Dehollain
  148. Delage
  149. Delahousse
  150. Demetz
  151. Démogé
  152. Demotes-Mainard
  153. Denaiffe
  154. Deniau
  155. Dennery
  156. Desaleux
  157. Deschiens
  158. Desdouits
  159. Desthieux
  160. Destremau
  161. Dickson
  162. Didelot
  163. Didier
  164. Dieudonné
  165. Doulcet
  166. Doumic
  167. Dreyfous
  168. Drouin
  169. Dubail
  170. Dubalen
  171. Dubern
  172. Duburquois
  173. Duchon
  174. Ducret
  175. Dufour
  176. Duquesne
  177. Durosoy
  178. Dutheil de La Rochère
  179. Duval
  180. Emery
  181. Enoch
  182. Étienne
  183. Fadda
  184. Fagalde
  185. de Fauque de Jonquières
  186. Faure
  187. Faveris
  188. de Ferry de Fontnouvelle
  189. Février
  190. Filatriau
  191. Fleuriot de Langle
  192. Florentin
  193. Flour
  194. Flüry et Flüry-Hérard
  195. Fockedey
  196. Fortoul
  197. de Foulhiac de Padirac
  198. Foulon
  199. Fourmentin
  200. François
  201. Frignet-Despréaux
  202. Gaillardot
  203. Galouzeau de Villepin
  204. Gambert de Loche
  205. Gardeur
  206. Gars
  207. Gaudart
  208. Gaultier de La Ferrière
  209. Gauroy
  210. Gayard
  211. Genêt
  212. Gentil
  213. Georges
  214. Gèze
  215. Gicquel des Touches
  216. Gilis
  217. Giraud
  218. Goerger
  219. Goinard
  220. Goislard de La Droitière
  221. Golléty
  222. Gougeon
  223. Goüin d'Ambrières
  224. Goulard-Coderc de Lacam
  225. Goupil
  226. Goybet
  227. de Gramont
  228. Grandclément
  229. Gras
  230. Gravereaux
  231. Grison
  232. Grouvel
  233. Guibaud
  234. Guilhamat
  235. Guilhou
  236. Guillain
  237. Guillemot
  238. Guri
  239. Guyomarc'h
  240. Hadengue
  241. Hanoteau
  242. Havard dit Duclos
  243. Hélie
  244. Heugel
  245. Hibon
  246. Hogard
  247. Houzel
  248. Huberdeau
  249. Huchet de Quénetain
  250. Husson
  251. Jacquin de Margerie
  252. Jaillard
  253. Jalenques
  254. Jamin
  255. Janssen
  256. Jaubert
  257. Jeux
  258. Jobert
  259. Joubert des Ouches
  260. Jounot
  261. Jourda de Vaux de Foletier
  262. Jourdan de La Passardière
  263. Juillet
  264. Keime-Robert-Houdin
  265. Klepper
  266. Kreitmann
  267. La Batie
  268. de La Bonninière de Beaumont et Bonnin de La Bonninière de Beaumont
  269. Laboria
  270. Labrosse
  271. de La Brosse
  272. Lacarrière
  273. Lacoste
  274. Laffaille
  275. Lafond
  276. Lagrange
  277. de Laire
  278. de Lajudie
  279. de Lamarche
  280. Lambert
  281. de La Motte-Ango de Flers
  282. Lamy
  283. Lancelin
  284. Lancrenon
  285. Landeau
  286. Lannes
  287. Lapadu-Hargues
  288. de Laporte
  289. Laporte-Many
  290. Lapouge
  291. La Roche
  292. Lavelaine de Maubeuge
  293. de La Ville de Baugé
  294. de La Ville-Montbazon
  295. Layet
  296. Lebé
  297. Lebon
  298. Le Bréquier
  299. Lechaix
  300. Leclerc
  301. Le Cœur
  302. Le Conte
  303. Lefaivre
  304. Léger
  305. Legrand
  306. Legros
  307. Le Lan
  308. L'Eleu de La Simone
  309. Le Magnen
  310. Le Masson
  311. Le Merre
  312. Leniaud
  313. Le Nôtre
  314. Léon-Dufour
  315. Lepel-Cointet
  316. Le Pelletier de Woillemont
  317. Le Roux
  318. Leroy
  319. Leroy-Beaulieu
  320. Lesne
  321. de Lesquen du Plessis-Casso
  322. Le Taillandier de Gabory
  323. Lévêque de Vilmorin
  324. Levesque
  325. Lhermitte
  326. Libron
  327. Loiseleur des Longchamps-Deville
  328. Lorenchet de Montjamont
  329. Lorenzi
  330. Lotte
  331. de Loubens de Verdalle-Le Groing de La Romagère
  332. de Louvel de Valroger
  333. Loyer
  334. Lyautey
  335. Mabille du Chesne
  336. Machet de La Martinière
  337. de Mac-Mahon de Magenta et de Mac-Mahon
  338. Mailhos
  339. Maitrier
  340. Malacamp
  341. Malartre
  342. de Malglaive
  343. Mallez
  344. Malliart
  345. Marc
  346. Marchal (1)
  347. Marchal (2)
  348. Maréchaux
  349. Marin
  350. Marion
  351. Marquier de Villemagne
  352. Mars
  353. Marteau
  354. Martin (1)
  355. Martin (2)
  356. Masnou
  357. Masson-Regnault
  358. de Matharel
  359. Mathieu
  360. Matout
  361. Matter
  362. Maury
  363. Mayer
  364. de Méneval
  365. Méquesse
  366. Mercier
  367. Meric
  368. Méric de Bellefon et de Méric de Bellefon
  369. Merlin
  370. Merveilleux du Vignaux
  371. Mesnard
  372. du Mesnil
  373. Meykiechel
  374. Michelon
  375. Millet
  376. de Miol-Flavard
  377. Mirabaud
  378. Monin
  379. Montandon
  380. Monteux
  381. Montjean
  382. de Montzey
  383. Morand
  384. Morel
  385. Mottez
  386. Mouillefarine
  387. Mounier
  388. Nancey
  389. Navillot
  390. Nobécourt
  391. Nogues
  392. Noiret
  393. Oddo
  394. Olivier
  395. Ollé
  396. d'Omézon
  397. d’Orgeval-Dubouchet
  398. Oudin
  399. Paillard
  400. Paillot
  401. Panhard
  402. Panier des Touches
  403. Paulus
  404. Pech
  405. Peillard
  406. Pelletier Doisy
  407. de Pellissier de Reynaud
  408. Peltier
  409. de Penfentenyo de Kervéréguen
  410. de Penguern
  411. Périer
  412. Perrin
  413. Pertus
  414. Pérussel
  415. Pesme
  416. Pétiet
  417. Peuchot
  418. Peyrelongue et de Peyrelongue
  419. Picard et Picard-Destelan
  420. Pierret
  421. Pinet
  422. Pinon
  423. Pinta
  424. Piot
  425. Pirot
  426. Planté
  427. Playoust
  428. Ploix
  429. Pocard du Cosquer de Kerviler
  430. Poinçon de La Blanchardière
  431. Porchier
  432. Poudevigne
  433. Poupard
  434. Pravaz
  435. Prax
  436. du Pré de Saint-Maur
  437. Protche
  438. Puel
  439. Putinier
  440. Putz
  441. Quatrefages
  442. Quinio
  443. Raffi
  444. Raulet
  445. Regnault de Prémesnil
  446. de Rendinger
  447. Rials
  448. Riche
  449. Ricquier
  450. Rideau (1)
  451. Rideau (2)
  452. Rivière
  453. Robillot
  454. Roca
  455. Rocquemont
  456. Rolland
  457. Ronin
  458. Ronsin
  459. Rougier
  460. Roulleaux-Dugage
  461. Rousseau
  462. Rousselle
  463. Rousset
  464. Rouvier
  465. Roux de Bézieux
  466. Roze des Ordons
  467. Ruffat
  468. Sagot
  469. Saillard
  470. Saint-Martin
  471. de Saint-Pol
  472. Saint-Raymond
  473. Salou
  474. de Saporta
  475. Savatier
  476. Schlumberger
  477. Schuhler
  478. Schwerer
  479. Segond
  480. Serra
  481. Sévène
  482. Sévenet
  483. Seydoux-Fornier de Clausonne
  484. de Sèze
  485. Simon
  486. Simonot
  487. de Sonis
  488. Soudan
  489. Soyer
  490. Sterne de Chambourg
  491. Tabuteau
  492. Talboutier
  493. Terrier
  494. Théron
  495. Thiébaut
  496. Thomazi
  497. Thorel
  498. Thoux
  499. Tirat
  500. Tonnet
  501. Tourret
  502. Toussaint
  503. Touton
  504. Tranié
  505. Traub
  506. de Trentinian
  507. Trinquand
  508. Troullier
  509. Trutié de Varreux et Trutié de Vaucresson
  510. de Turckheim
  511. Turquan
  512. Vaillant
  513. de Vathaire
  514. Vermot
  515. Veyron-La Croix
  516. de Vial
  517. Vignal
  518. Vignon
  519. Villard
  520. Villaros
  521. Villecourt
  522. Villemain
  523. Villetard de Laguérie
  524. Vincent
  525. Viney
  526. Virgitti
  527. Vivaux
  528. de Vulpian
  529. Watteau
  530. Woignier

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