Morand

Le nom de Morand se rencontre particulièrement en Franche-Comté et en Savoie, et des linguistes y voient un rapport avec l’histoire… les Maures, les Espagnols. Les anciennes armes parlantes des Morand portent en effet « d’or à trois têtes de More de sable tortillées d’argent ».

C’est bien en Franche-Comté que cette famille a ses origines et son enracinement, à Besançon puis à Montbenoît, capitale du petit pays Songeais et siège d’une très ancienne abbaye. La généalogie attestée commence à Guillaume Morand, né avant 1569, et peut-être originaire de Château-Chalon. Dès son petit-fils vont se succéder pendant cent cinquante ans des professions de robe.

  • Jean-Baptiste, procureur en l’officialité de Besançon, notaire.
  • Jacques François, notaire royal à Montbenoît près de Besançon, gouverneur au parlement, procureur fiscal de la seigneurie de Besançon.
  • Denis Joseph, avocat au parlement de Besançon, conseiller du roi, juge-lieutenant du Val de Morteau.
  • Alexis François, avocat au parlement, notaire royal à Montbenoît, juge à Pontarlier, conseiller à la cour de Besançon.

Parmi les dix-huit enfants de cet Alexis François, son aîné, Charles Antoine, obtiendra en 1791 sa licence de droit et son diplôme d’avocat de l’université de Besançon, mais entraîné par l’orage révolutionnaire, il l’abandonne aussitôt pour la carrière des armes. De 1792 à 1815, il sera de toutes les batailles.

Ses descendants ne seront plus juristes, mais militaires. Quatre de ses fils serviront en même temps au régiment du 2e zouaves en Algérie, d’où son surnom de « régiment des quatre frères », et l’un d’entre eux, devenu général, sera blessé mortellement à Beaumont-en-Argonne, près de Sedan.

Le dernier militaire de trois générations sera le grand-père de notre ami Jean-Louis, comte Morand (AHH 677), démissionnaire de l’armée après « l’affaire des Fiches » et mort en 1914.

L’Empereur conféra la Légion d’honneur au père du général, ayant appris qu’il avait eu trois fils et un gendre combattant à la Moskova. Le général fut fait deux fois grand-croix, par Napoléon, puis par Louis-Philippe, et onze autres croix ont jusqu’à aujourd’hui honoré ses descendants.

Bulletin de l’AHH, n° 48, novembre 2006.